::Un petit coin de banquise::

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lundi, 2 août 2010

[Ecosse] Jour 12 - 9 Mai - "Double last day"

(pour les épisodes précédents, c'est par ici)

C'est officiel, le petit réveil acheté chez Argos à Oban fonctionne ! Lever tôt pour attraper le bus de Tobermory : malgré nos mésaventures, nous voulons profiter au maximum de l'île avant de la quitter ! Graham nous indique que le bus nous prendra juste en bas de l'auberge, qu'il n'y a qu'à faire signe au chauffeur... Sympathiques, ces insulaires ! Nous attrapons donc le bus après une courte attente au soleil (on en aurait presque perdu l'habitude), et c'est parti pour 20 minutes de folie ! Notre chauffeur est un foutu pilote, et le minibus turbine à pleins gaz sur les petites routes à passing places, gérant les croisements avec les autres véhicules comme un chef... Le trajet a des allures de montagnes russes, mais le tout dans une ambiance décontractée. Sacrés insulaires.
Nous atteignons Tobermory par le haut de la ville car, étonnement, le relief est très escarpé, et la petite ville s'étend à la fois sur les hauteurs et sur la côte. Nous voilà droppés au parking du port. La ville est vraiment belle, accrochée à flanc de falaise, avec ses maisons bariolées qui ceinturent le port.

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Première déception toutefois, le Wild Life Sea Center, que nous imaginions être un centre visitable, n'est en fait qu'un QG d'organisation pour des boat trip. Raté pour la visite sympa pleine de bestioles marines. Puis c'est au tour de la distillerie de nous jouer un mauvais tour, puisqu'elle est fermée les samedi (et évidemment, devinez quel jour nous sommes), tout comme le musée ! Greuh. La poisse nous poursuit.


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Nous visitons tout de même la ville bariolée, suivant la route principale le long du port, composée essentiellement de boutiques vendant tout et n'importe quoi à la fois. Nous en profitons pour "visiter" un SPAR (supermarché) installé dans une église oO. Le réinvestissement des lieux est tellement incongru pour nous autres français que je ne peux m'empêcher d'y acheter un truc, n'importe quoi, juste pour dire que j'ai fait du shopping dans une église. Sans déconner, le temple du consumérisme dans un ancien lieu de culte, je trouve ça très fort.


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Puis nous prenons de la hauteur pour visiter le reste de la ville et avoir une vue d'ensemble sur la baie. La vue est imprenable, mais il faut croire que se rapprocher des nuages était une mauvaise idée puisque la pluie s'invite à nouveau. Nous redescendons en quatrième vitesse et trouvons refuge au "Tobermory Chocolate", un salon de thé très sympa mais bondé. Visiblement, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée...


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Deux "Death by drinking Chocolate" plus tard (mmmmmh), nous nous résolvons à sortir les consoles, vu le temps de chien qu'il fait -_-. Retour au bus, puis à l'auberge. La visite aura été courte mais sympathique, et je me souviendrai longtemps de cet énoooorme chocolat chaud. Nous nous félicitons également d'avoir abandonné notre idée première de faire l'aller-retour à vélo, car le nombre de côtes gravies par le bus nous aurait désespérés.
En remontant vers l'auberge, surprise, les moutons se sont transformés en vaches, mais les faisans sont toujours là.... Maisons de doux fous, je vous le dis. Nous bouclons rapidement nos bagages et faisons nos adieux à Graham et sa petite famille, non sans avoir laissé un petit mot dans leur livre d'or pour les remercier de leur accueil chaleureux. Zou, nous enfourchons les vélos pour notre dernière "grosse" étape avec ce moyen de transport : 12 miles pour Craignure.

Au final, le temps restant correct (pas de vent ni de pluie, simplement couvert et frais), nous avalons la route à belle allure, et malgré les côtes, le trajet est pour ainsi dire un plaisir : ce qui nous avait pris plus de deux pénibles heures à l'aller est bazardé en moins de 50 minutes au retour, et nous sommes du coup vraiment déçus d'avoir été si malchanceux côtés météo, sans quoi nous aurions pu vraiment voir beaucoup plus de choses sur Mull.
Avec les quelques pounds qui nous restent en poche, nous faisons une descente au SPAR juste en face du quai des ferries, objectif sandwiches pour finir le pain qu'il nous reste. Nous testons le fromage en tube, juste par challenge parce que ça a l'air débile et qu'il faut essayer (c'est assez infâme du coup), prétextons une pause cartes postales pour bassement profiter du chauffage, et retournons au SPAR dilapider le reste de notre monnaie en bonbons. Après tout, on l'a bien mérité, non ?

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Le retour en ferry se passe tranquillement et nous voilà bien vite de nouveau à l'auberge de jeunesse d'Oban, à nous poser au chaud, enfin. Je fais une dernière incursion à vélo en ville pour trouver un garage afin de réparer ma sacoche de vélo qui s'était cassée en début de parcours, car nous ne voulons pas rendre du matériel abîmé à Niall (et puis on ne sait pas non plus combien ça pourrait nous coûter). C'est la croix et la bannière car, en Ecosse, le samedi, tout ferme à 17h, et je galère pas mal, mais finis par trouver un minuscule garage planqué sur un arrière de parking, avec trois mécanos adorables qui me viennent en aide alors que je commence à désespérer. La légendaire amabilité des écossais envers les français se vérifie une fois de plus et les gars me bricolent la sacoche, non sans mal, à grand coups de rivets pop et de blagues bien senties. Nous terminons notre dernière soirée à Oban au calme... Une grosse journée de transports nous attend !

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Et hop, un carnet Moleskine rempli, hein ! Pour le compte rendu des prochains jours, on attaque le carnet de dessins !

mardi, 20 juillet 2010

[Ecosse] Jour 11 - 8 Mai - "Critical Glitch"

(pour les épisodes précédents, c'est par ici)

C'est un peu groggy que nous émergeons de notre longue nuit, aux alentours de 9h et encore tout habillés de la veille. Aujourd'hui, nous aimerions aller jusqu'à Calgary, de l'autre côté de l'île, qui est, selon Niall (notre wonderful loueur de vélos), la plus belle plage de Mull. Comme à Oban, les vélos "à vide" nous paraissent presque un plaisir. Nous rattrapons la route de la veille pour rejoindre Salem.

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Le temps de deux pauses photos, nous voilà déjà piégés sous une shower, et nous nous retrouvons une fois de plus trempés, même si pour une fois nous parvenons à laisser passer le gros de l'averse au sec sous un abribus. Poukram, quand même, ras le sac d'avoir le pantalon qui colle à la peau et refroidit le corps... C'est la malédiction de ces fichus water proof pants que nous n'avons au final jamais achetés... Lorsque le ciel se calme, nous redémarrons, en croisant les doigts pour que le temps tienne. Nous atteignons assez rapidement l'autre côté de l'île et nous rendons compte avec stupeur, panneau routier à l'appui, que nous avons mal estimé les distances sur notre carte : il nous reste 19 miles à parcourir pour Calgary, sans compter le retour. Aïe. Mais, courageux (idiots ?) que nous sommes, nous décidons tout de même d'y aller. Ce serait dommage de rater la plus belle plage de Mull, nous ne reviendrons pas avant un moment, voire jamais, et puis, avec les vélos "à vide", c'est certainement faisable. Tout ça pour prendre de la grêle sur la figure à peine dix minutes après avoir redémarré. C'en est trop cette fois. Impossible d'envisager deux heures ou plus de vélo sous ce temps pourri, même pour la cinglée que je suis. Pas le choix, nous rebroussons chemin, le moral un peu dans les chaussettes. Dou craque un peu devant tant de malchance et j'avoue que même mon optimisme inébranlable a du mal à contrer sa mauvaise humeur. En passant par Salem, nous nous arrêtons pour faire les quelques courses que nous avions prévues pour Dervay, en revenant de Calgary, et retournons à la case départ, sans gagner les 20 000 francs.
Enfin au sec, nous essayons de faire contre mauvaise fortune bon cœur et tentons désespérément de goupiller un trajet en bus pour sauver la journée, que ce soit pour Calgary ou ailleurs, mais le timing est bien trop juste et il faut avouer que la motivation a pris un petit coup. Les pâtes dégueu sauce tomate/thon/ketchup que nous improvisons ont au moins le mérite de nous faire rire, et je finis par convaincre Dou d'aller marcher jusqu'aux ruines du château d'Aros, sur la colline en face, que nous apercevons depuis les fenêtres de l'auberge.

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Nous renfilons nos vêtements mouillés du matin (génial, mais pas le choix, pour en garder un jeu sec nous permettant de retrouver un peu de chaleur au retour) et, contre toute attente, profitons d'un chouette rayon de soleil tout le reste de l'après-midi. Au moins, nous passons un bon moment à escalader les ruines, mais regrettons un peu de n'avoir pas repris les vélos pour Calagary par le chemin le plus court... Avec ce temps, on aurait pu y arriver... Mais tant pis, maintenant, l'heure n'est plus aux regrets : la météo est vraiment trop imprévisible pour nous qui fonctionnons au bulletin météo ponctuel en office du tourisme, impossible de fixer un programme avec certitude.

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Nous nous consolons en planifiant une visite en bus tout au nord de l'île pour le lendemain, à Tobermory, pour profiter de la matinée avant de devoir reprendre le ferry.

La journée se finit par un repas simple à l'extrême mais qui a le mérite d'être chaud et copieux (merci les soupes lyophilisées pour quatre) et repos, car, du coup, la journée du lendemain s'annonce plus chargée que prévu... en tout cas bien plus qu'aujourd'hui.

lundi, 31 mai 2010

[Ecosse] Jour 10 - 7 Mai - "Isle of wind"

Etant en pleine rédaction de mémoire pour la fin de semaine, je n'ai pas vraiment le temps de poursuivre la grosse note dessinée que j'ai commencée. Je vais donc continuer avec la suite du voyage en Ecosse, vu que j'ai tapé quelques jours d'avance, pour une fois...


(pour les épisodes précédents, c'est par ici)

Lever aux aurores ce matin (si si, on est en vacances, je vous jure), car c'est à 6h30 que nous émergeons pour avoir le temps de tout faire... Je suis étonnée par l'activité qu'il y a déjà si tôt dans l'auberge ! Nous faisons rapidement les bagages (nous commençons un peu à avoir l'habitude) et nous harnachons nos vélos. Direction le port... sous la pluie, évidemment, assortie d'un vent impressionnant. Nous arrivons rapidement au quai d'embarquement mais avons du mal à nous y retrouver, avec nos vélos lourdement chargés, et après avoir demandé notre "route", nous sommes redirigés pour attendre dans un coin, le long d'une barrière, entre les machines qui circulent, les voitures qui attendent et les employés qui s'affairent. On a un peu l'impression de n'avoir rien à faire là, mais c'est plutôt amusant. Finalement, nous sommes les premiers à entrer dans le ventre de la bête (comprendre "le ferry"), afin de pouvoir attacher nos vélos dans la soute en toute sécurité. On se sent comme des petits poissons dans le ventre de Moby Dick, et il faut avouer que l'odeur qui plane aide à se mettre dans l'ambiance. Laissant nos vélos attachés à grand renfort de nœuds de pêche, nous gravissons deux niveaux pour atteindre la cabine d'observation, tandis que le ferry s'arrache du quai d'Oban. Au dessus de nous, les nuages continuent de défiler... Ils sont si sombres que l'on a parfois l'impression qu'il fait nuit ! Pour Dou comme pour moi, première traversée en bateau mais, fort heureusement, pas de mal de mer à déplorer.


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La traversée dure 45 minutes durant lesquelles nous avons du mal à identifier les langues de terre que nous longeons, car le ferry semble suivre une course incurvée, mais le spectacle n'en est pas moins impressionnant... Nous apercevons quelques "pouic-pouic" dans les vagues et abandonnons toute idée d'aller voir la mer sur le pont du ferry lorsque nous nous rendons compte que la force du vent nous empêche d'ouvrir la porte d'accès vers l'extérieur.
C'est à Craignure que nous débarquons sur l'île de Mull. Drôle de nom, un peu austère, et qui colle parfaitement à l'ambiance : ça craint un peu par ici. Il fait froid, il y a un vent d'enfer, et les trois pauvres constructions grises ont une sale mine. C'est tout gris, et pas vraiment accueillant. Mais nous ne nous démontons pas, frais et pimpants du matin, les yeux encore pleins d'images de la traversée. Direction l'incontournable office du tourisme, juste en face de la passerelle de débarquement, et nous prenons les horaires de bus (sait-on jamais), et les prévisions météo. Encore une fois, ce n'est pas fameux, mais nous commençons à nous faire une raison. Il est 8h45, nous enfourchons nos montures de guerre, direction le Sud de l'île, car nous avons un peu de temps à tuer avant l'ouverture des châteaux que nous avons prévu de visiter. Nous descendons jusqu'à Lochdonhead, prenons quelques photos de la baie offrant de jolis contrastes de couleur et quelques détails surréalistes, puis rebroussons chemin, une belle côté nous rappelant soudain (et bizarrement, n'est-ce pas) que l'heure tournait.

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Nous voilà donc en route pour Duart Castle. La pluie a enfin cessé, mais ce répit est contrebalancé par la force du vent, qui est hallucinante : avec notre paquetage, nous pédalons parfois presque en sur place, et devons jouer des vitesses pour progresser, même en descente ! La route est néanmoins magnifique, livrant le château au détour d'un virage, perdu au bout d'une langue de terre à la végétation rase, balayée par les vents et, semble-t-il, seulement peuplée de moutons.

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Nous arrivons tout de même un peu en avance et prenons donc une bonne pause "barre chocolatée de la mort" bien méritée. Nous explorons un peu les environs en attendant l'ouverture des lieux, trouvons l'indication d'un galion coulé au pied du castel, quelques canons, un cimetière ancien, manquons de nous envoler plusieurs fois et rentrons enfin dans le château. La demeure n'est pas très grande, mais elle a du cachet, et ce petit château rustique a tout de ce que l'on attend d'un château écossais : la dureté mais la sincérité, et une certaine chaleur à offrir en son sein. La visite nous enchante, sympathique, très intuitive, et nous en profitons bien... ce passage dans la demeure des MacLean est une visite bien investie. Nous faisons une halte à la Tea Room (rhaaa les scones au fromage ) pour nous réchauffer un peu avant de repartir, et demandons aux employés s'ils savent où trouver le centre nature sur les oiseaux que nous projetons de visiter mais n'avons pas encore repéré en venant. Pas de chance, il est fermé en cette période de l'année, et nous nous dirigeons donc vers l'autre château des environs, Torosay Castle.

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Pour le coup, les 6£50 de visite font un peu mal : seulement quelques pièces à voir, bourrées de souvenirs personnels, certes quelques histoires amusantes sur une évasion célèbre mais, honnêtement, pas de quoi casser trois pattes à un canard, même quand on est bon public et historiophile (ça se dit ?) comme je peux l'être. Même les jardins tant vantés dans les dépliants ne sont pas faramineux, et nous sortons, un peu déçus. Tant pis, on ne peut pas avoir que des bonnes surprises, n'est-ce pas ? Le prochain objectif sera donc l'auberge... Et, fatalement... au premier coup de pédale, la pluie se rappelle à notre bon souvenir. Avec les vélos chargés, les 12 miles nous séparant de Salen nous paraissent ne jamais se terminer, sans compter que nous prenons une averse carabinée en arrivant au village, tentant de trouver l'adresse, pour apprendre, un coup de fil plus tard, qu'elle se situe finalement à un kilomètre et demi après le village. Pas simple n'est-ce pas, de se retrouver sans carte précise, sans adresse exacte, et en ayant planifié le tout par téléphone deux jours auparavant... Mais, tant bien que mal, nous finissons par arriver, trempés, et frigorifiés. Au moins, nous aurons vu de vraies vaches écossaises sur la route.

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La dernière montée permettant d'accéder à la maison se fait à pied, car nous n'en pouvons plus mais, malgré la fatigue, nous sommes passablement étonnés par : les kayaks, les quatre caravanes, le hangar à vélo, la yourte, les moutons, les poules (voire la mini ferme) et la trombine de la bicoque, que nous découvrons au fur et à mesure de notre avancée.

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Graham nous accueille très chaleureusement : "chez lui, c'est chez nous", et, après quelques négociations, nous optons pour la chambre individuelle à 20£ par nuit... Après tout, après les dortoirs séparés à Oban, nous avons bien besoin de nous retrouver un peu ensemble, tout de même. La maison est bordélique à souhait, mais il y règne une ambiance agréable, vraiment accueillante. C'est un peu cracra, un peu hippie, deux radios crachotent leurs musiques en même temps... Selon moi, une vraie ambiance de terrier Weasley, selon Dou, une parfaite aura "chaotish scottish", et à vrai dire, les deux collent à merveille, et assurément, plairaient à mes parents.

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Nous traînons un peu comme des zombies et, ne parvenant pas à nous réchauffer (il faut dire qu'il n'y en a pas, de chauffage), nous optons lâchement pour un après-midi cocooning/livres/console sous la couette. Dou s'endort vers 18h et je ne tarde pas à suivre... Quelle bande de lopettes, hein ?

mercredi, 21 avril 2010

[Ecosse] Jour 9 - 6 Mai - "GKY Rain !"

Eh bien il faut croire que le com de ce cher Lazalong m'a reboostée un grand coup... Je m'y remets, avec dans l'espoir de boucler les compte rendus détaillés d'Ecosse (de l'an dernier oui oui) avant les grandes vacances. Et puis ça me permet de varier un peu les plaisirs avec le crayon (une ou deux notes en tête, il ne faudrait pas que je les oublie), et surtout de me changer les idées au milieu d'un quotidien professionnel un peu usant. Car après tout, quoi de mieux que de se replonger dans des vacances inoubliables pour s'aérer les neurones ?

Voici donc la suite de nos péripéties écossaises. Pour ceux qui n'avaient pas suivi le début, tout est trouvable ici, et pour mémoire, nous venions de prendre le bus pour Oban, après quelques jours de météo pénible et un départ manqué.


***

Ce matin, lever tranquillou vers neuf heures... J'émerge la dernière du dortoir (les auberges de jeunesse en dehors des grandes villes ne seraient-elles fréquentées que par des hyperactifs ?) mais discute tout de même quelques instants avec une petite mémé qui est encore là, super sympa, qui elle aussi a fait du vélo toute sa jeunesse. Je rejoints ensuite Dou en bas. Petit déjeuner copieux, le temps est presque beau (comprendre "pas de vent et peu de pluie") et on est presque dégoûtés, car du coup, au lieu de rester à l'auberge d'Oban, on aurait pu faire une étape à vélo... Mais puisque, par prudence, nous avons déjà fait toutes nos réservations...
Tant pis, on va en profiter pour se faire une petite excursion sur la côte, et essayer d'atteindre les châteaux proches. De manière tout à fait pertinente, Dou nous fait remarquer que nous sommes à présent drogués : nous ne pouvons visiblement plus nous passer de notre dose quotidienne de vélo ! On longe donc la berge sur quelques centaines de mètres... C'est bizarre de rouler sans bagages, les vélos paraissent si légers, et les cotes sont avalées avec une telle aisance ! Nous arrivons rapidement en vue des ruines du château de Dunollie.

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Une petite pause photo et nous repartons vers le Nord, en prenant vaguement la direction du prochain château, que nous avions repéré sur une grande carte topo à l'auberge. Nous choisissons la route au pifomètre (merveilleux instrument), mais de toutes façons, la direction est simple à suivre, et on traverse quelques coins supers beaux. Partout, des moutons avec leurs agneaux, au milieu de la campagne... c'est vraiment agréable. La route vient mourir sur une plage, et ça fait une drôle d'impression de marcher dans le sable... Pour Dou comme pour moi, cela fait des années ! Héroïquement, Dou fait même une pseudo tentative de trempette d'orteil dans les flots glacés.

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Quelques photos débiles plus tard (ne rêvez pas, je ne posterai rien), nous repartons à l'assaut de la piste cyclable 78, qu'on a repérée en haut de la plage.

Ca monte, ça descend, et pas qu'un peu, mais on s'en fiche, à vide, nos vélos nous donnent la sensation d'être des motos de course.
En fait, la piste nous fait passer de l'autre côté du relief, au milieu de collines presque sauvages, et cette langue d'asphalte noire toute neuve se déroulant au mileu de nulle part a quelque chose d'irréel. En quelques dizaines de minutes, nous sommes au petit village de Duneg, et nous demandons notre route car le château de Dunstaffnage n'est toujours pas en vue. Un papi à l'accent à couper au couteau (et promis, je n'exagère pas) nous redirige, et finalement on trouve assez facilement, même si ce fichu tas de cailloux est vraiment bien caché.

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Le château a de l'allure, mais il n'est pas très grand, encore un peu en ruines, et nous décidons de ne pas payer pour visiter simplement un donjon basique, d'autant plus qu'il y a une course d'orientation pour gamins sur le site... J'avoue que j'ai sacrément eu envie d'être à leur place, à cavaler partout avec une boussole... Mais d'un autre côté, c'est un peu ce qu'on est en train de faire ^^. On croise quatre canard se déplaçant inlassablement en file indienne, un troupeau de marmots en combinaison intégrale (en mode astronaute limite), des lapins, re des moutons, et nous enfourchons nos montures pour le retour vers Oban.

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Il recommence à pleuvoir, mais cela ne nous empêche pas de faire des pauses régulières pour apprécier le paysage car il y a vraiment de belles scènes.

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Dou aperçoit même au passage un sentier pour atteindre les ruines de Dunollie... Ni une ni deux, nous cachons nos vélos dans les buissons et nous gravissons le petit chemin escarpé et bien boueux. Le donjon est dans un sale état, mais on peut y monter, et au moins, ce n'est pas touristique pour deux sous, et l'ambiance "Indiana Jones" est au rendez-vous. Nous faisons les kékés dans les ruines puis rentrons à l'auberge, bien trempés mais contents.

Et c'est au moment où nous nous disons enfin que notre bonne humeur fait fi du mauvais temps que l'appareil photo décide de faire des siennes. Le moral retombe en flèche. Ce n'est pas la fin du monde, mais nous commençons à accumuler les galères, et 400 euros dans le vent, sans compter le reste des vacances sans souvenir, ça plombe un peu : et s'il était vraiment foutu ? Finalement, après un peu de repos (ça doit être frileux ces trucs), il fonctionne à nouveau. Allez comprendre. Autre constatation : le temps de notre balade, la population de l'auberge a changé du tout au tout. Nous avons troqué tous nos petits vieux contre des familles pleines de marmaille. Pas sûr qu'on gagne au change ^^'

Pour l'après-midi, nous décidons d'aller visiter la distillerie d'Oban. Bien nous en prend, car nous passons vraiment un bon moment. Les locaux sont intéressants, le guide sympa et captivant et la dégustation... donne envie d'y revenir ! Nous sortons enchantés bien que toujours frigorifiés. Sur le retour, nous croisons quelques "pouic-pouic" (merci Dou pour cette identification de naturaliste professionnel), et faisons un arrêt à la chocolaterie que nous avions repérée, dans l'espoir de poursuivre sur la carte gourmande. Déception, ce n'est qu'un simple magasin à la vitrine embuée.

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Tant pis, nous rentrons à l'auberge pour nous réchauffer un peu. Nous n'en ressortirons que pour aller acheter les billets de ferry, quelques victuailles, et tremper définitivement notre troisième pantalon. Heureusement qu'il existe ces merveilleuses dry room et que nous avons pu faire une machine (l'air de rien l'aspect logistique est tout de même assez important lors d'une telle vadrouille ^^').

Pour le reste, on décide de rester posés à l'auberge, discutons un peu avec un autre cycliste français ayant fait peu ou prou la même route que nous, nous offrons une belle tranche de rigolade avec une famille ayant coincé son dîner dans la poëlle (merci l'effet ventouse) et essayant de l'en sortir au marteau pour finalement asperger toute la cuisine, nous demandons de manière tout à fait innocente quel est ce vieux bonhomme qui accompagne à lui tout seul une bande d'une dizaine de gamins et enfin préparons nos sacs pour le lendemain, car nous nous levons tôt pour prendre le premier ferry.

Bilan de la journée, froid et humide (non ?) mais se finissant sur du très positif alors qu'elle aurait parfaitement tourner à la journée pourrie de chez pourrie. Allez hop, au lit, le lendemain s'annonce rude !

dimanche, 5 juillet 2009

Jour 8 - 5 Mai - " We all live in a reddish submarine..."

Lever tôt ce matin, car nous devons prendre le bus pour Oban à 9h10. Le réveil sonne donc à 7h30 et nous émergeons doucement. Il pleut encore et toujours, et il fait toujours froid... On va bien finir par s'y faire ! Petit déjeuner sous le shelter, après deux allers-retours à la tente parce que j'ai oublié ma cuillère pour les céréales. Céréales que je ne mangerai d'ailleurs pas au final, car on préfère finir le frais de la veille, toujours à cause de l'absence de frigo. Le délicieux petit déjeuner se voit donc constitué de sandwiches pain/brie/infâme jambon de dinde gluant. CPBMCPG. Après cette horreur, on n'a vraiment plus le coeur de manger quoi que ce soit d'autre, et on tire le premier à passer à la douche à Pierre-feuille-ciseaux. Dou gagne, mais finalement ça ne change pas grand chose : l'intérêt étant d'avoir la serviette sèche, quand ladite serviette est toujours humide de la veille parce que rien ne sèche dans la tente, eh bien ce n'est qu'une victoire de principe :P.
De retour à la tente après mon tour de douche (sous la flotte), je m'inquiète un peu de l'heure, car j'ai vu que la laundry (buanderie) -qui est censée ouvrir à 8h30- était bel et bien ouverte, ce qui n'augure rien de bon pour notre timing. Dou a déjà empaqueté ses affaires et je m'active pour faire de même tandis que lui prend une photo pour voir l'heure (souvenez vous de notre technique de la mort grâce à l'appareil numérique pour compenser notre absence de montre ^^'). Et là, catastrophe, 8h50 déjà, et la tente n'est pas encore repliée ! Mais comment a-t-on pu tant traîner sans s'en rendre compte ? Il est hors de question que nous rations ce foutu bus, et nous passons en mode "Go go go marines !". Dou charge les vélos tandis que je replie la tente, complètement trempée car il ne cesse de pleuvoir depuis ce matin. On enfourche nos montures de guerre et pédale le plus rapidement possible jusqu'à l'arrêt de bus, car la tache rouge que nous apercevons au loin nous inquiète : c'est la couleur caractéristique des bus de la West Coast Company, ceux qui nous devons prendre, et ne pas rater. Heureusement, ce ne sont que les bus des autres lignes, et nous nous retrouvons finalement à patienter un bon quart d'heure. Juste le temps d'être bien mouillé quoi.
Enfin, c'est le soulagement : le bus arrive, avec le même chauffeur que la veille, qui rigole de nous voir. Il nous ouvre les soutes et on y cale les vélos avant de poser nos fesses au sec. C'est parti pour 1h30 de route, sur la voie qu'on aurait dû emprunter à vélo... Eh bien on est contents de le faire en bus. Il flotte, il y a du vent, ça monte... On aurait vraiment dégusté. Ceci dit, les paysages sont vraiment splendides. Les montagnes sauvages, l'herbe déroulée en tapis, partout les grandes étendues lisses ponctuées de sortes de mamelons rocheux... les villages pittoresques, et absolument partout, des moutons, avec plein d'agneaux. Leur nombre est impressionnant. Mais en passant dans les villages, on se rend compte que tous les hameaux sont vraiment tous petits : un musée par ci, un site archéologique par là... Des attractions et visites très chouettes, mais jamais de quoi occuper une journée. Il faut donc le prévoir dans son itinéraire : en voiture, ce coin, ça va, mais à vélo, c'est une autre soupe, surtout par ce temps.

On arrive à Oban à 10h45 et fait nos adieux au chauffeur un peu rustre mais finalement très sympa. Ca fait tout bizarre, nous voilà à la mer, avec d'énooormes mouettes...






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Comme un rituel, nous filons à l'office du tourisme, où l'employée se fiche un peu de Dou, car "Oui, on a une auberge de jeunesse, elle est justement indiquée sur la carte que vous me tendez, juste ici". You noobzor, oui merci. Huhu. On roule directement à l'auberge pour y poser nos affaires, mais une fois de plus la réception est fermée et n'ouvre qu'à 14h. Heureusement, cette fois, on peut laisser nos affaires dans les casiers cadenassés, et zou, on file en ville pour trouver de quoi manger. et là, c'est la catastrophe. Que c'est cher ! Le moindre Fish N'Chips ou Burger Toupouri fait au minimum 5£, c'est énorme ! On tourne un bon moment en ville pour trouver de fichus sandwiches triangles à deux francs pas bons mais pas chers, mais comme on fait chou blanc, on décide d'aller faire un tour dans la ZAC que nous avions traversée en bus, qui est situé un peu plus loin mais facilement atteignable à vélo. Heureusement, sur la route, on tombe sur une espèce de brasserie/salon de thé qui propose pour le prix d'un plat ailleurs un combo sandwich/café/scone qui nous convient bien. Bizarrement les scones étaient complètement différents de ceux que j'avais faits avant notre départ... Pas très dur me direz vous, vu l'espèce de Lambas que j'avais produit (dense, bon, et Ô combien nourrissant). En ressortant on repasse à l'office du tourisme prendre quelques prospectus et le fameux weather forecast (prévisions météo) pour essayer de planifier au mieux les jours à venir. Ce n'est pas réjouissant. De la pluie, du vent, et des températures oscillant joyeusement entre 2 et 11°C pour les quatre jours à venir. Ca craint. On revient à l'auberge pour régler la nuit et on prépare un vague plan de bataille, qui reste à affiner en fonction de certaines infos à trouver en ville.On repart, cette fois à vélo, en direction de la gare pour acheter nos billets retours pour Glasgow en train. Mieux vaut s'y prendre à l'avance, car pour voyager avec nos machines de guerre sur le réseau ferré écossais, il faut réserver à l'avance (merci les blogs de cyclistes ayant traversé l'Ecosse et qui m'ont permis de le savoir). On attrape au passage les horaires de ferry pour l'île de Mull et on va faire les courses à la ZAC. Aldi est notre ami, on y trouve presque tout à pas trop cher, mais c'est la croix et la bannière pour trouver un foutu réveil. Oui car, détail qui n'en est pas un, l'auberge où nous avons établi notre QG ne fait pas de dortoirs mixtes. Avec un portable pour deux, il va être difficile de nous réveiller tous les deux si on a besoin de partir de bonne heure. D'où la recherche désespérée d'un réveil depuis notre arrivée à Oban. Mais même les poundshops (sortes de multibazars) n'ont pas ça en stock. On se retrouve donc à enchaîner sur le Tesco, puis le LiddL. On finit par trouver notre bonheur pour 2£ chez Argos, une sorte de Trois Suisses écossais. A tout hasard, on demande pour ces maudits water proof trousers, mais c'est à croire que les écossais eux-mêmes sont water proof car ici non plus, on n'en trouve pas.

On dépose les courses à l'auberge (oui, on a fait beaucoup d'allers-retours), et on en profite pour mettre la tente à sécher dans la dry room (ça c'est franchement top moumoute. Ca déchire son macareux même), puis on repart en ville. Notre nouvel objectif : trouver des bonnets et ces maudits pantalons de pluie (bis), car mine de rien, nous sommes sur la côte, et avec les bourrasques de vent et la pluie (toujours elle), "ça caille sa mère". On trouve des pantalons trop grands et horriblement chers, et après plus de six boutiques à chercher des bonnets autre que taille enfant, on se résout à acheter le seul modèle qu'on ait vu : celui de touristes avec le drapeau écossais et tout. La lose. Mais au moins, maintenant, on a chaud aux oreilles, quitte à avoir l'air de guignols. Sur le retour, on en profite pour visiter le musée de la guerre et de la paix d'Oban. On y trouve encore un joyeux bric à brac, mais la visite n'est pas transcendante. Enfin ça a le mérite d'être gratuit, on ne va pas non plus cracher dans la soupe.




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Nous revenons enfin définitivement à l'auberge, non sans apprécier la taille des vagues, à présent que la marée est haute. On téléphone pour rassurer les parents, attaque un apéro tacos/bière (on a décidé de relever le défi des Wychwood Brewery : il faut boire les 5 bières différentes de cette brasserie pour avoir droit à un Tshirt), et passe direct au dessert puisque, de manière prévisible, ça nous coupe l'appétit. On profite de ce moment de calme pour planifier la suite des évènements. Le temps est tellement pourri que le camping sauvage risque d'être vraiment suicidaire. On trod donc la carte dans tous les sens pour profiter au maximum de l'île de Mull avec nos vélos, mais la tâche s'avère ardue. Heureusement, une vieille baroudeuse anglaise qui dort également à l'auberge nous entend parler et nous indique une auberge indépendante pile au milieu de l'île, ce qui nous arrange parfaitement. On décide donc de passer réservation pour nos dernières nuits dans la région entre Oban et Salem (le village au centre de l'île) pour être sûrs de dormir au sec d'ici notre retour à Glasgow. Ca fait un peu mal car les nuits en auberge ne sont pas données, mais on est tellement trempés et gelés toute la journée qu'on veut au moins pouvoir se poser au chaud le soir, si on ne veut pas mourir congelés. Poukram, qu'elles vont nous coûter cher ces vacances ! Mais tant pis, on est là, on en profite, on verra pour les sous plus tard. Le programme des jours à venir est à présent à peu près fixé, on peut finir la soirée tranquillement...

samedi, 4 juillet 2009

Jour 7 - 4 Mai "Jour dé-tente"

Encore un matin sans réveil : lever juste avant 10h.



Et là, c'est la panique à bord, car on se souvient vaguement d'une affichette dans le camping indiquant que les douches ne sont chauffées que de 7h30 à 10h... Poukram ! Enfilage de pantalon express, douche en speed, la tête dans le pâté, pour que Dou ait aussi de l'eau chaude (n'ayant qu'une seule serviette et une seule savonnette, il fallait se relayer)... En fait, il devait seulement s'agir du chauffage des locaux, car Dou a droit à sa douche chaude, bien qu'on ait dépassé l'heure. C'que c'est de mal lire les panneaux, on se fait des coups de stress pour rien. Petit dèj préparé au réchaud sous l'abri de la table de camping... On étrenne les popottes et on finit le jambon, qui risque de ne pas trop bien vivre la conservation hors d'un frigo, même s'il ne faut pas encore trop chaud. Petit déjeuner salé donc, presque comme les écossais. Une fois de plus, on fait le point : que fait-on aujourd'hui ? Puisque nous avons décidé de modifier l'itinéraire au jour le jour, la question est pertinente. Il fait un temps de chien, tout est détrempé et le ciel est tout gris. En plus, on ne sait pas si le chemin conseillé par Niall est vraiment difficile, comme il semblait le dire... Pour se décider, un petit tour à l'office du tourisme devrait nous aider. Renseignements pris, la route qui longe le Loch Awe un peu plus au Nord est effectivement splendide. L'employée ne sait pas nous dire si le parcours est difficile, mais beaucoup de cyclistes l'empruntent. Par contre, ce chemin implique forcément une ou deux nuits de camping sauvage, car il n'y a rien pour se loger, même en camping, avant le bout du Loch. Et par la route, ce n'est pas forcément mieux, car les campings indiqués sur notre carte ne sont en réalité pas "officiels", et il y a de fortes chances que nous devions nous rabattre également sur du camping sauvage. Je n'ai rien contre, j'adore ça, mais il fait tellement humide que la perspective de ne pas pouvoir se sécher pendant deux ou trois jours et de grelotter ne nous enchante pas trop. D'un autre côté, les musées et autres châteaux sur la route sont bel et bien ouverts... C'est tentant, d'autant plus que cette pointe ouest de l'Ecosse est réputée très belle, avec les plus beaux sites celtiques.
Mais les prévisions météo nous donneront le coup de grâce : à échéance quatre jours, le mieux qu'on puisse espérer, c'est de la grosse pluie. Ca craint à mort, car rouler sous la pluie, avec le vent, c'est vraiment pénible.
Même moi , qui suis pourtant à l'origine de cette vadrouille, ça ne m'enchante pas. Après réflexion, on décide d'opter pour un plan B : prendre le bus vers Oban pour s'y installer un QG au sec et rayonner autour à vélo ensuite. Nos discussions nous avaient fait marcher un peu en ville, et nous revenons donc à l'office du tourisme. Oui, les bus transportent les vélos. Et le prochain est à 13h10. Comme c'est le seul de la journée, on a intérêt à ne pas le rater. Et il est... 12h15 ! Arg ! Branle bas de combat ! Retour au camping en quatrième vitesse. On replie le camp en un temps record (il faut croire qu'on prend le pli), et à 12h50, nous sommes à l'arrêt de bus. On a même le temps d'aller s'acheter quelques biscuits, pour remonter le moral.

Mais le mauvais sort s'acharne sur nous. Le bus arrive, et impossible de rentrer les vélos dans les soutes, malgré nos efforts : on est en période de vacances, et ils ont mis des bus plus petits. Le prochain suffisamment grand est prévu pour le lendemain 9h10 ! Poukram. On est vraiment désappointés. Pour ne rien arranger, il pleut à verses. Retour au camping, le moral dans les chaussettes. On remonte la tente sur le sol détrempé (voir photo ci-dessous) et on passe notre frustration sur les cookies et les raisins au chocolat. Il continue de pleuvoir. Ca tombe bien, c'était ce qu'avait prévu la météo. Je rédige ce compte-rendu pour une fois en journée et la console occupe le reste du temps. On va peut-être essayer de sortir un peu, faire quelques courses, voire pousser un peu plus loin dans le village pour aller voir le petit phare et faire quelque chose de notre après-midi. Mais l'humidité ambiante ne nous enchante pas trop, et on profite un peu d'être au sec sous la tente avant de bouger.




Lorsqu'enfin on se motive, on "visite" le supermarché du coin. Comme à chaque fois, nous passons un temps fou dans le rayon charcuterie pour essayer de trouver quelque chose d'autre que du jambon, mais qui donne un peu envie. Ce n'est pas gagné, de ce côté là, les écossais sont vraiment mauvais. De dépit, on fait des tests sur des chips et de la bière qu'on ne connait pas. Apéro de la mort, Yay !



On fait un bref passage à la tente, juste le temps de tuer la batterie de ma console, et on repart en ville, car on a oublié de vérifier les horaires de bus. Nous tenons à être bien sûrs de l'heure, car à deux bus par jour, dont seulement un suffisamment grand pour nos vélos, il ne faut pas le rater demain matin. On n'est vraiment pas motivés pour se coltiner une nouvelle journée coincés ici. Lochgilphead, c'est joli, mais sous les trombes de flotte, cloitrés dans la tente, pas moyen d'y passer un deuxième jour. On rentre au camping, et on se pose tranquillement. On finit par relativiser le mauvais temps, mais finalement, on se fait un apéro-discute plutôt sympa. J'avais peur que cette journée soit *vraiment* très longue, mais au final, ça a quand même été. On a bien fait de bouger un peu. Et puis je me suis rendue compte que "l'obligation" de rester un peu sous tente comme ça nous avait amenés à parler de choses qu'on n'avait pas forcément déjà évoquées ensemble. Rigolo comme le changement d'air nous fait du bien.


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Le repas du soir est un peu bâclé, car l'apéro nous a déjà bien calés, et on se contente de brie sans goût et de turkey ham (jambon de dinde) gluant et pas bon. On met une nouvelle fois en application le dicton que nous avons adopté : CPBMCPG ("C'est Pas Bon Mais C'est Pas Grave" ^^') et on se pose enfin dans nos duvets bien chauds. Heureusement qu'on a investi dans du bon matériel de camping, parce que le sol, à cause de la flotte qui imbibe le sol moussu, est complètement gelé, et si on n'avait pas nos tapis de sol de compétition, on serait congelés. Même avec les duvets ultra denses qui descendent à -5°C/-10°C en température confort. On met le réveil pour le lendemain et après de lecture, on se couche. On s'endort avec les poules, car même les moutons qui paissent derrière le camping mêlent encore. L'objectif de demain est d'arriver à Oban en bus, de s'y installer, avec dans l'idée de visiter la distillerie et de faire un petit saut sur l'île de Mull. On est bien loin du programme vaguement prévu avant le départ, mais le temps n'est vraiment pas de notre côté... Alors on fera au mieux, l'essentiel est qu'on profite du voyage, et qu'on voie plein de choses !

jeudi, 2 juillet 2009

Jour 6 - 3 Mai - "A quite flat road..."

Ce matin, on se réveille peinards sans avoir mis d'alarme... on avait besoin de sommeil. Il est presque neuf heures, et on émerge doucement, sans se faire violence. On petit déjeune à l'auberge de jeunesse. C'est appréciable de manger au chaud et de pouvoir faire griller quelques toasts.
Il a plu toute la nuit mais le soleil semble pointer le bout de son nez. On opte donc pour un petit tour dans Inveraray à pied. Comme prévu, c'est tout petit, et en fait, malgré les précautions qu'on avait prises, on a déjà pas mal fait le tour la veille. On passe par une rue menant vers les champs et on atteint très rapidement la campagne. On cherche du regard les cairns indiqués sur la carte, mais on fait chou blanc. On revient vers le village par la petite route qui longe le loch. C'est très joli, toutes ces petites maisons blanches alignées face à l'eau. On repasse devant la fameuse prison victorienne, vantée dans tous les prospectus, que nous avions repérée la veille. La visite a l'air bien, vraiment, mais c'est 8£ par personne, et ça fait une petite somme. Quasiment le prix d'une nuit en auberge pour l'un d'entre nous... Et comme on a rapidement appris à revoir l'ordre de nos priorités, on décide d'abandonner l'idée de la visite de la prison, tant pis. On pousse jusqu'au petit ponton pour voir le prix du musée maritime, mais encore une fois, 4£ pour visiter un bateau microscopique... Ce village est décidément très (trop) touristique, les prix y sont exorbitants. Nous qui pensions rester sur place pour la journée... On décide finalement de faire un point avec la carte pour voir si on ne peut pas se faire une petite étape à vélo pour changer de ville. Lochgilphead est située à environ 40km, c'est de l'ordre du faisable.
On replie la tente avant que la pluie ne reprenne et on charge les vélos. Mais lorsqu'on va chercher nos quelques provisions au frigo de l'auberge, malheur, celle-ci est fermée pour le nettoyage quotidien, et ne rouvre qu'à 12h30. Bon, une demi heure à tuer, ce n'est pas la mort. Et c'est à ce moment que s'élève un son si caractéristique, comme une plainte lancinante... Il est midi, et voilà que résonnent des cornemuses. C'est tout simplement impressionnant. On décide d'aller les voir jouer en attendant l'ouverture de l'auberge. Enfourchage de vélo, quelques coups de pédale... On peine à les trouver dans le village, en se dirigeant à l'oreille, car le son résonne sur les maisons. En fait, ils sont dans la cour de la caserne des pompiers, juste derrière la haie qui longeait notre tente (voir photo du post précédent). Pas étonnant qu'on les ait si bien entendues dès le début ! On les écoute un moment... Il s'agit en réalité d'un cours, et une dizaine de petits écossais s'entrainent. C'est bluffant de voir un son si puissant créé par ces gamins. La plupart ont entre 9 et 13 ans, et certains sont vraiment gringalets. On découvre comment accorder une cornemuse, comment ils s'entrainent à la marche au pas, et puis les percussions les rejoignent, depuis l'autre côté de la caserne. On ne les as pas entendus s'installer, ni vus d'ailleurs, et leur entrée dans la phrase musicale est saisissante. Ils sont vraiment impressionnants, avec leurs espèces de jonglages, les baguettes qui tournoient en tout... C'est vraiment chouette, j'en ai des frissons. Proud to be scottish !



Une envie pressante nous ramène vers le port et ses toilettes -payantes - puis on revient à l'auberge, qui vient de ré ouvrir. Pas de chance, on a attendu pour rien, le frigo a été vidé durant le ménage (c'est la règle en auberge de jeunesse, mais à ce moment là, on ne le savait pas). Plus rien ne nous retient à Inveraray, on achète donc de quoi manger à la supérette du village et on se met en selle.

On a encore les muscles qui tirent de la veille et mal aux fesses, mais laisser les muscles refroidir ne doit pas être la meilleure idée du monde, alors c'est parti !
Le début se passe tranquillou, on prend les côtes à une allure plus que modérée, parfois même à pied, et on ne se prend qu'une seule averse glaciale. en montée forcément, sinon, ce n'est pas drôle. On est trempés du coup, et on commence à avoir froid, mais on garde le moral. On traverse le village de Furnace, et un panneau indique un pub. Vendu ! Il est 14h/14h30, on s'arrête pour manger. Il commence à faire bon, et on jette notre dévolu sur les tables de camping juste devant le pub. Nos lambeaux de jambon à 2£ font une fois de plus des merveilles, et une petite pinte de Newcastle Brown pour accompagner notre pique nique fait bien plaisir, même si on est bien conscients que ce n'est pas très raisonnable en pleine étape cycliste. Mais bon, on est en Ecosse, ils ne servent pas au demi, minimum à la pinte, les prix sont ridicules, et ils ont de sacrées bonnes bières qu'on peinera à retrouver en France. On prend donc le temps de manger et de digérer un peu en comptant les camions de pompiers qui passent pour aller éteindre une maison un peu plus bas. Une fois la bière à peu près descendue, on se remet en route. Il nous reste à peu près les 2/3 du trajet à faire, et on compte les villages sur la route pour estimer notre progression.
La route est heureusement moins fréquentée le dimanche, car on n'avance pas très vite, ayant toujours le vent de face, et la fatigue n'aidant pas - et la bière, oui, on avoue.On croise nos première Highlands, même si elles ne sont pas encore les belles vaches qu'on voit dans les cartes postales. Rien à fiche, on est tous contents et on s'arrête sur le bord de la route pour les photographier.



On finit par arriver en vue du Loch Gilp, qui est une sorte d'excroissance près de l'embouchure du Loch Fyne. Nous sommes soulagés d'y être. Dou a mal à la cuisse, et le temps se couvre.. Il est temps qu'on arrive.



Un dimanche en fin d'après-midi, il fallait s'y attendre, l'office du tourisme est fermé, mais des passants fort aimables nous indiquent sans problème le camping, qu'on atteint à 17h. Ô joie, il y a une laverie et des séchoirs ! C'est magique ! On est radieux (vous ai-je déjà parlé de la révision de notre ordre des priorités ?). Pour 10£ la nuit à deux, on est contents, ça devrait être rentable.





((/blog/images/photo/ecosse09/IMG_2754.jpg))



On plante la tente, qui ne ressemble à rien, une fois de plus (c'est pas de notre faute, il doit y avoir un défaut de conception, franchement, je suis experte en montage de tentes, et Dou se défend bien aussi en la matière) et on fait le tri dans le linge. On n'avait plus de change ou presque, tomber sur un camping avec laverie est une bénédiction. S'en suit une étape passionnante de lavage/séchage, à la Domino, avec le minimum vital sur nous et le reste au lavage. Totalement palpitant je vous l'accorde, mais Poukram, ça fait du bien. Je dois avouer que je suis bien claquée. La vie au grand air combinée au vent, au soleil et aux bonnes étapes de vélo, ça tue. Je suis tannée, et Dou aussi. Certes, nos étapes paraitront misérables sur une carte pour des cyclistes avertis, mais nous ne sommes même pas des cyclistes du dimanche, et les conditions climatiques font largement compter double les distances.




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Une fois propres, nous nous mettons en quête d'un repas chaud en ville, parce qu'il faut bien avouer que les 7°C ambiants, avec l'humidité, ça ne fait pas bien chaud. Mission quasi impossible un dimanche ! On se retrouve à commander au chinois du coin, seul boui boui ouvert, qui est horriblement cher (il faut tout payer, même le riz en accompagnement, les serviettes en papier et les fourchettes en plastique oO). Du coup, on ramène tout au camping et on mange dans la tente, parce qu'il pleut à nouveau. Quelle dure journée... Et dire que c'est l'anniversaire de Dou. On est tellement fatigués que je ne prends même pas le temps de faire le compte rendu du jour dans mon carnet. On se glisse dans les duvets chauds, et dodo !

mercredi, 1 juillet 2009

Jour 5 - 2 Mai - "Rest and be thankful (in peace)"

  • revient sur son blog sur la pointe des pieds, et reprend le récit de son périple comme si de rien était, en sifflotant pour pas qu'on voie son horrible retard, et la petite couche de fénéantise qui avait bloqué la motivation de votre serviteuse...*


Oui bon, où en étions-nous. On vient de finir la première étape de vélo. Dur et humide, mais déjà riche en émotions. Nous attaquons donc le jour deux (oui je sais, pas facile de se remettre dans le bain après 5 semaines sans nouvelles de ma part). Hors donc.

Ce matin, nous avons prévu de décoller d'Arrochar, pour atteindre Inveraray. Le réveil est plutôt tranquille, au chant des mouettes, accompagné, pour ne rien gâcher, d'un timide rayon de soleil qui fait danser les couleurs des montagnes de l'autre côté du Loch. J'ai l'impression d'avoir dormi comme une princesse. On rassemble un peu les affaires qu'on avait étalées un peu partout dans la chambre et on descend petit déjeuner. Mr ans Ms. Thompson ont déjà dressé la table du petit dej et on a le droit à un festin de roi : on commence avec jus de fruit plus lait et céréales, on enchaine avec thé et toasts, avec fruits frais et on termine par un petit déjeuner écossais, comprenant bacon grillé, oeuf, saucisses, tomate, scones de pommes de terre et... le fameux Haggis. Poukram, si on s'était attendus à tester ce célèbre met au petit déjeuner ! C'est... fort en goût, mais pas mauvais, et on se promet de retester plus tard, un peu moins pris au dépourvus ! En tous cas, le petit déjeuner est copieux et cale bien. Comme le dit si bien "papy", avec ça, on va au moins s'économiser le repas de midi ! On vide les poches pour payer notre dû pour la nuit, et on a pile ce qu'il faut en monnaie, à quelques piécettes près. Heureusement, car nos hôtes ne prennent pas la carte bleue. Avec la monnaie restante, je file acheter des sacs poubelles à l'épicerie du coin tandis que Dou commence à bien préparer et étanchéifier toutes nos affaires pour éviter les désagréments de la veille. A mon retour, nos économies s'élèvent vaillamment à 3£ et 67 pence ^^ Notre cash a fondu comme neige au soleil, mais qu'importe, c'est les vacances, et le but est de passer un bon moment, de se sentir bien, pas de compter ses sous.
Papy et Mamy se moquent gentiment de nous lorsqu'ils nous voient charger tout notre barda sur les vélos... Le Yorkshire-rottweiler en aura profité pour mordre innocemment Dou, le temps que je m'occupe d'une partie du chargement... Pour ma part, je n'aurai pas aperçu la bête durant notre court séjour au B&B... A croire qu'il m'a fui, l'animal !

Aux alentours de 10h/10h30, nous repartons. C'est en arrivant tout en bas de la ville, près de la "tête" du Loch qu'on découvre le fameux camping inscrit sur la carte, et qu'on avait cherché en vain la veille... tant pis, au moins, on aura passé une super nuit. On fait un petit arrêt à la station service en sortie de ville, pour tenter un retrait d'argent à la cashmachine, mais celle-ci semble bouder mes trois cartes bancaires. Visiblement, ces petits postes de retraits n'aiment pas les cartes étrangères... L'employée m'informe que la prochaine borne pour retirer de l'argent se situe à Inveraray. Ca tombe bien, c'est notre objectif, mais encore reste-t-il à l'atteindre... On se lance doucement (le petit déjeuner pèse un peu sur nos estomacs), surtout que Niall nous a prévenus : aujourd'hui, on a une bonne grosse côte au menu, sans doute la pire de tout notre itinéraire. On sait qu'elle est autour du point indiqué sur la carte par le doux adage de "Rest and be thankful" (repose toi et sois reconnaissant), mais on ne se souvient plus exactement des explications de notre loueur de vélo : la côte de la mort est-elle juste avant (repose toi parce que t'es bien content d'être arrivé) ou juste après (repose toi parce que tu vas te misérer) ? Advienne que pourra, on verra bien quand on y sera !

La route nous parait un peu plus agréable que la veille : moins de pluie, ça fait toujours plaisir. En revanche, on prend la mesure des fameuses "showers", les douches écossaises : de petits nuages vicieux qui libèrent quelques trombes d'eau bien froide avant de laisser la part belle au soleil. Pas évident de trouver les vêtements idéaux, on passe notre temps à mettre ou enlever pull ou Kway, trop chaud, trop froid ou trop humide d'un instant à l'autre. Finalement, on prend le parti de garder tout le temps les Kways, quitte à avoir un peu trop chaud, au moins on sera plus secs. Ca fait un peu étuve par moments, mais on ajuste la température en enlevant ou remettant les mitaines (oui oui, on est bien en mai, et pourtant, les mitaines se défendent bien). La première montée est une vraie épreuve. Sans prévenir, ce qu'on prend pour du faux plat nous coupe les jambes, et ça dure sur 4 miles ! On monte une bonne partie à pieds, en faisant plein de pauses, et on flippe que ce ne soit pas le plus dur...






Dou commence à me détester. On arrive enfin au prix de deux bonnes heures de montée, au col "Rest and be thankful". Fatigue et soulagement. On ne se fait pas prier et on expérimente l'adage du lieu, en se laissant tomber sur les banc offrant panorama sur la vallée que nous avons longée. Enfin on profite de la magnifique vue. Le paysage est splendide, mais dans l'effort, on avait du mal à s'en rendre compte (et il faut avouer que le moral n'était pas franchement au plus haut... "dans quelle galère tu m'as embarqué" toussa toussa...).




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Il y a pas mal de monde à ce col ("oui, mais eux, ils ont été moins cons, ils sont venus en voiture ou en moto"), et les gens sont supers sympas, souriants, nous saluant ("oui, ils ont pitié de nous après ce qu'on a subi..."). Vous l'aurez compris, ce passage a été une vraie épreuve, mais franchement, le paysage le valait. J'essaye de conserver une bonne humeur à toute épreuve, mais j'avoue que la montée a un peu entamé mon enthousiasme. Un peu de mauvaise grâce, on arrache nos fesses du banc et enfourche à nouveau nos vélos, craignant qu'il reste encore de la montée. Mais là, ô joie, une super descente se déroule devant nous. Enfin !
Oui, mais en Ecosse, ce serait trop simple. Donc, vent de face. Shit, il faut vraiment les mériter les paysages écossais, car le vent, c'est pas de la rigolade : il est si fort qu'il faut pédaler dans la descente, et malgré le soleil, on remet bien vite les mitaines tant il est froid. Pourtant, malgré tous ces désagréments, la descente est la bienvenue, et à mesure que nous avalons le dénivelé, le moral remonte. La nationale que nous suivons depuis ce matin n'est pas très agréable, car très passante, mais on n'a pas le choix, c'est la seule qui puisse nous emmener à Inveraray. Et elle a le mérite de couper court. Nous atteignons finalement le Loch Fyne en un temps record, et on s'accorde une petite pause à sa pointe, non loin d'un antique petit cimetière. Quelques tables de camping, un rayon de soleil... Parfait pour souffler un peu. Vers 13h15, on se remet en route. On espère arriver rapidement à Inveraray : la carte n'indique plus que 8 miles, et la route longe le Loch... Ca ne devrait pas être trop violent. Encore une fois, on déchante rapidement, car la route fait plein de "bosses", et c'est un peu usant d'en voir une nouvelle apparaitre à peine on a franchit la sienne, alors que le Loch à côté est bien horizontal, paisible... Au détour d'un lacet de la route, on aperçoit notre destination...


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Dernier effort ! Le pont situé à l'entrée de la ville est si raide que nos jambes fatiguées nous obligent à le gravir à pied. Finalement, arrivée en ville à 15h ! Victoire !

Nous voilà donc à destination. Maintenant, il s'agit de trouver où dormir. Direction l'office du tourisme pour demander un camping, comme indiqué sur notre bonne vieille carte Michelin. Il n'y en a pas ! Je négocie un bout de terrain, un champ, un jardin, quoi que ce soit (le camping sauvage est légal en Ecosse), et on nous redirige vers l'auberge de jeunesse, qui est censée avoir un bout de terrain et pourra peut-être nous accueillir. On se perd dans un lotissement de petits vieux, et une petite mamie à sa fenêtre, tout sourire, nous indique la route. Du coup, on trouve sans peine mais... ça n'ouvre qu'à 17 heures, évidemment. Murphy, quand tu nous tiens. Quelle poisse. On décide d'aller visiter le château de la ville en attendant. Mais d'abord, repas, car même si le petit déjeuner était consistant, il commence à se faire faim. Nous n'avons en réalité pas grand chose et improvisons des sandwiches avec le pain de mie datant de Glasgow, le faux camembert français et un bloc de cheddar écossais. Ce n'est pas vraiment diététique, mais franchement, ça fait un bien fou !


Le repas fini, on reprend les vélos (aïe, mal aux fesses), et on se rend au fameux château du Duc d'Argyll (grosso modo la région dans laquelle on se trouve). On accroche nos vélos à une table de camping près du parking du château, négocie pour laisser nos sacoches près de l'entrée, en vue de la caissière, et on lâche nos 6£80 chacun pour entrer. C'est pas donné.


Au final, rien de bien notable dans le château, hormis une chouette salle d'armes et une foultitude de photos de famille du Duc... C'est un peu cher payé mais bon, il fallait bien le faire, hein, le château d'Inveraray. Retour vers l'auberge de jeunesse -sous la pluie, évidemment, on vient d'enfourcher nos vélos, on ne pouvait pas y couper- et l'accueil finit par ouvrir. En fait, on n'a pas vraiment le droit de camper dans le jardin de l'auberge mais... "regardez le jardin juste à côté là... oui oui, ce carré de gazon qui prolonge celui de l'auberge. Eh bien là c'est chez moi. Et là, vous pouvez camper. Et en bonus, si vous laissez un petit don à l'auberge, vous pourrez même utiliser les commodités, en passant par la porte de derrière !".
Si c'est pas beau ça ! Pour 5£ de don, on plante la tente dans le jardin de la gardienne, on attache nos vélos une bonne fois pour toutes pour aujourd'hui, et on peut enfin profiter des sanitaires/cuisine/salon chauffés de l'auberge. Royal. C'est fou comme on relativise vite l'ordre de ses priorités hein. On s'installe donc, prend nos aises, va acheter un cadenas plus petit que celui que j'avais acheté en France pour qu'on puisse fermer les deux côtés de la tente (je n'avais pas vraiment prévu le diamètre du cadenas par rapport à la fermeture éclair ^^'), et voilà notre camp monté.


On téléphone aux parents pour leur raconter nos aventures ("oui, on est toujours vivants") puis part faire un petit tour dans le village. "Petit" car on est fatigués, et puis on se tâte à rester un jour de plus ici, car le village est tout meugnon, alors il ne faudrait pas avoir tout vu dès le premier soir, car il y a certes des choses à faire, mais ce n'est pas non plus très très grand. Mais c'est déjà vraiment beau.


(clic pour plus grand)





Le village est en bord de Loch, étalant ses petites maisons blanches aux encadrements de fenêtres noirs et ses toits d'ardoise. La vue sur les montagnes que nous avons traversées est magnifique, et il se dégage une ambiance calme et sereine. Tout est vraiment paisible. Les racailles du coin pèchent à la mouche ou font des ricochets, avec leurs joggings et leurs casquettes... C'est un peu déstabilisant. En attendant, il faut avouer que les écossais sont vraiment très aimables. En plaisantant, on s'est dit que vu le temps détestable de leur contrées, ils doivent faire contre mauvaise fortune bon coeur... Il fait si moche qu'ils sont tous adorables ! On exagère un peu, mais c'est vrai que cette journée a été éprouvante. On a même réussi à prendre des coups de soleil, malgré sa faible présence. Saletés de nuages à trous.

On finit par rentrer à l'auberge, et on mange tôt, avant 19h, on n'a pas l'habitude... Soupe à l'oignon lyophilisée et lambeaux de jambon au miel. Ca ne paye pas de mine, mais ça cale, et de n'est pas très cher. Nous sommes bien fatigués et optons pour une soirée pépère douche/lecture/console, avant de rejoindre la tente -sous la pluie évidemment. Nous quittons le salon de l'auberge sous les regards amusés des autres voyageurs qui nous souhaitent bon courage, et nous rejoignons la tente, pour notre première nuit dehors... On n'a pas l'habitude, et il nous faut un moment pour nous organiser dans la tente, et réussir à placer les sacoches de manière optimale. Il ne doit pas être loin de 22h... extinction des feux, pour le programme du lendemain, on improvisera.

jeudi, 21 mai 2009

Jour 4 - 1er Mai - "Never Mind the Balloch"

Ce matin, nous devons récupérer les vélos que j'ai loués par internet. Debout à 7h45, nous préparons nos sacs en faisant le moins de bruit possible pour ne pas réveiller nos voisins de dortoir, même le gros, qui a encore ronflé comme un sourd. On se pose devant l'entrée dehors pour attendre Niall Dobbie, notre loueur de vélos, qui arrive pile à 9h... sur l'un des vélos, en poussant le deuxième ! On descend dans la salle commune de l'auberge lui offrir un café (lyophilisé) et on lui parle de notre itinéraire prévisionnel. Dans le dernier mail qu'il m'avait envoyé avant notre départ, il m'avait parlé couple of adjustements but globally it's fine, mais en réalité, il nous conseille plusieurs petites routes bien plus agréables que celles que j'ai relevées sur ma carte au 400 000e (pas facile quand on ne connait pas le terrain), nous donne quelques tuyaux et nous aide à nous rendre compte des distances et parcours difficiles. Il est vraiment très sympa, et même si la location des vélos coûte un peu plus cher chez lui que dans les boutiques plus classiques, je ne regrette pas d'avoir mis un peu la main au porte monnaie : le suivi et le coaching sont plus qu'appréciables. On remonte pour transférer nos affaires depuis nos gros sacs vers les sacoches étanches des vélos, et Niall rigole bien en voyant le volume qu'on voudrait emporter. On passe vraiment pour des débutants de chez débutant, mais en même temps, c'est ce que nous sommes ^^'. Il nous conseille de vraiment alléger au maximum, et nous bourrons nos affaires dans l'urgence, car il est un peu pressé à force, sans vraiment compter le nombre de paires de chaussettes ou de Tshirt qui passent à la trappe. Le surplus reste au fond des sacs de rando, que nous confions à Niall. Il nous les ramènera à notre retour.
On décolle aux alentours de 10 heures... sous la pluie -_-. Ca commence bien. On trouve sans problème la piste cyclable qu'on avait repérée la veille lors de notre journée à l'Ouest et on s'arrête sous un pont pour troquer nos vestes contre es KWay. C'est parti !
La piste cyclable doit nous mener d'une traite jusqu'au Loch Lomond, un gros lac au Nord Ouest de Glasgow. Elle longe la voie rapide en maintenant une certaine distance, à travers des zones plantées et plus calmes, c'est agréable malgré la pluie. Aux premières racines, je perds une sacoche, qu'on refixe au mieux et je fais plus attention pour la suite. Il s'agit de ne pas casser le matériel, le vacances vont nous coûter suffisamment cher comme ça. La matinée avance doucement, on est déjà trempés, mais l'enthousiasme étant là, le moral reste au beau fixe pour le moment. Il faut bien d'ailleurs, vu que le temps n'y met pas du sien.
La piste nous entraîne sur les berges d'un petit canal... Par temps ensoleillé, ça doit vraiment être très beau, mais sous la pluie, ça perd un peu de son charme.A mi chemin avant Balloch, l'objectif du jour, on doit admettre que des pantalons de pluie n'auraient *vraiment* pas été du luxe, car nos pantalons et nos sous-vêtements sont trempés, et du coup, on se refroidit vite. On s'arrête près d'un réparateur de vélos au milieu de nulle part sous un pont pour reprendre des forces. Ils n'ont malheureusement qu'un seul water proof trousers (le fameux pantalons de pluie, retenez bien ce nom ^^'), trop grand, et horriblement cher. 20£ pour ça, d'une on n'a pas la monnaie, et de deux, c'est du vol. On décide de rester encore un peu mouillé et de chercher plutôt à la prochaine ville. On ne fait pas 100 mètres qu'un automobiliste qui était dans la boutique lorsque j'ai demandé s'arrête et nous dit qu'à Dumbarton, on devrait pour 10£ pièce. Sympa le tuyau ! On reprend la route en se promettant une halte à la ville indiquée.
Quelques miles plus loin donc, on quitte momentanément la piste pour rentrer dans Dumbarton. On demande renseignement dans divers commerces sans succès. Il semblerait que le water proof trousers (essayez de le prononcer tiens, on dirait qu'on parle avec un shamallow dans la bouche !) soit inconnu au bataillon ! On décide de remonter la rue principale, qui sait, on trouvera peut-être, à tout hasard... On ne trouve rien mais arrive à une ZAC, et Dou part en éclaireur dans une grande surface pour trouver ces foutus falzards. Chou blanc, et pourtant, ils sont censés en avoir...On essaye aussi dans les stations services, et c'est l'occasion de tester les ronds points par la gauche, mais toujours rien. Tant pis, mouillés pour mouillés, on reprend la route. De toute façon, il pleut à verses, encore.On atteint Balloch à 13h30 La pluie se calme enfin, et on rêve d'être au sec et de manger chaud. Un panneau aguicheur annonçant deux plats pour moins de 6£nous convainc, et on mange et on mange un espèce de hachis parmentier qui, s'il est gras, n'en a pas moins le mérite d'être bon, chaud, et de tenir au corps. Un pinte de brune au prix d'un demi de chez nous pour accompagner tout ça et nous voilà requinqués. Les gens ont été adorables : on était si boueux et mouillés qu'on n'osait pas rentrer dans le resto et voulait manger dehors sur les tables de camping, mais ils ont insisté pour qu'on rentre... Sympa l'hospitalité écossaise.



Peu après 14h, on se remet doucement en route, en suivant les "panneaux marrons" que nous avions repérés en arrivant, qui indiquent les "trucs à touristes". On atteint alors les quais de Balloch... Premier aperçu du Loch Lomond ! Suivant les conseils de Niall et notre motivation revenant en même temps que le soleil, on décide de pousser un peu plus loin que prévu dans l'après-midi, pour atteindre au moins Luss, à mi chemin sur le lac, sinon Arrochar, tout au bout du Loch.
On tourne un peu pour retrouver la route pour partir, et un gentil papy nous indique une petite route quasi abandonnée qui nous ramènera peinard à la piste cyclable, sans passer par la grosse route. C'est reparti, et la pluie ne tarde pas à se rappeler à notre bon souvenir. A croire que cette maligne ne s'interrompt que quand on s'arrête manger au sec ^^'. C'est un peu pénible : à peine caresse-t-on l'espoir de sécher un peu qu'un nuage s'arrange pour nous tremper à nouveau.
On longe donc le Loch vers le Nord sur plusieurs miles. La piste est vraiment agréable et le revêtement de bonne qualité et in avance assez vite : on atteint Luss plus rapidement que ce que nous espérions. On fait une petite halte dans ce village pittoresque où les véhicules sont interdits. En vrac : Canards, café brûlant et pas bon (encore), ponton et belles vues sur le Loch, touristes français qui nous souhaitent bonne chance.
Pédaler après manger n'était cependant peut-être pas une idée lumineuse, car nous voilà unpeu barbouillés, on aurait dû se reposer un peu pour digérer. Tant pis, maintenant qu'on a fait la moitié du chemin, on décide d'aller jusqu'à Arrochar. On fait plusieurs pauses pour profiter des vues sur le Loch, de rares rayons de soleil et reprendre quelques forces. On se rend compte que l'une des fixations de ma sacoche est cassée. Heureusement, elle n'est pas tombée et on peut récupérer le système de fixation... Il nous faudra un pistolet à rivets pour réparer ça, on avisera plus tard. En attendant, on bricole une fixation en ficelle pour allécher les charges sur le dernier point de fixation et on repart.



Les dix derniers miles seront pénibles pour nos cuisses. Dou commence à fatiguer, et le sac à dos me tue les épaules. Mais on sent qu'on arrive au bout. Quelques pauses "gourde" plus tard, on atteint Tarbert, tout au bout du Loch, d'où on s'éloignera des flots pour aller vers Arrochar. Deux papys rigolards nous indiquent la route à prendre, en mimant une colline à monter puis redescendre. C'est un peu déprimant, mais il ne nous reste qu'un mile et demi à parcourir, on touche au but ! La dernière montée consomme un peu la motivation de Dou, mais on repart finalement de bonne humeur après avoir soufflé un peu... surtout qu'on était presque en haut en réalité, et qu'il ne restait que la descente.

Nous voilà enfin à Arrochar, petite ville blanche et noire installée à la tête du Loch Long... On a quasiment doublé l'étape prévue ! Le village est tout petit, presqu'exclusivement composé de B&B's. En complément, 2 hôtels, un petit magasin, une épicerie 7/7 et un Fish'N chips. On arrive, la pluie reprend, forcément.On se réfugie à l'épicerie, achète plein de bricoles énergisantes, puis on se met en quête d'un endroit où dormir. Nous ne trouvons pas de camping, ni aucun endroit avenant pour du camping sauvage, et on est si trempés qu'un bon lit ne ferait pas de mal. La premère auberge annonce 50£ la chambre... C'est cher comparé aux auberges de jeunesses ! La seconde est complète et la troisième que nous essayons est à 57£... Contre toute logique, on prend celle-ci ^^'. C'est tout mignon et choupi, et Dou trouve la vieille dame qui tient le B&B adorable et gentille... On a l'impression d'être chez soi. Adjugé vendu, tant pis pour les sous, autant prendre un endroit où on se sent bien, après cette dure journée. Le couple est super accueillant et drôle. On gare les vélos à l'arrière de la maison (plus tard, le papy les cachera derrière les poubelles pour les protéger des voleurs, en nous assurant qu'il va y attacher leur Yorkshire-rottweiler pour la nuit XD). La mamie nous propose tout de suite de mettre nos vestes à sécher et de passer nos vêtements trempés au sèche linge.. C'est si agréable de se faire chouchouter ! On décrasse un peu les sacoches qui sont pleines de boue et les pose à la buanderie (pas de voleur ici, et on n'a rien de valeur). On prend le temps de se faire un thé-biscuits dans la chambre. Il est 18h20... On a fait une grosse journée ! Nous affaires on complètement pris l'eau malgré l'étanchéité supposée des sacs et sacoches de vélo, et on met tout à sécher... Voilà le guide sur l'Ecosse étrenné et gonflé d'eau ^^' On descend au Fish'N chips. L'ambiance est sympa dans ce petit boui boui, et ça semble marcher du tonnerre vu le peuple qui y passe, pour un vendredi !
Nous rentrons au B&B, négocions l'heure du petit déjeuner à 8h30, mais finalement, je reviendrai décaler à 9h, car nous avons décidé de profiter au maximum d'une bonne nuit de repos au calme. Surtout que demain, Niall nous a prévenu que l'étape du jour montait vraiment bien, et que cela serait certainement très dur. Nous prévoyons donc peu de kilomètres : l'objectif est Inveraray, de l'autre côté du col, sur un autre Loch. On devrait avoir pas mal de choses à voir sur place, et cela nous permet de rester dans le timing prévu... Si on a la force, on poussera plus loin, mais mieux vaut ne pas s'épuiser trop les premiers jours si on veut en profiter encore après. Extinction des feux à 22 heures, et repos bien mérité.

mardi, 19 mai 2009

[Ecosse] Jour 3 - 29 Avril

Réveil tranquillou vers 9h : les boules Quiès ont été efficaces, pour moi tout du moins, car Dou s'est tapé le vieux sourd comme voisin de lit, qui parait-il n'a pas vraiment été un modèle de discrétion.
Aujourd'hui, on a prévu de visiter l'Ouest de la ville. On part donc cette fois vers l'extérieur, direction le Musée Kelvingrove. Le temps est plus humide qu'hier, mais aussi plus doux. Un mal pour un bien. On finit par atteindre un joli parc engazonné avec vue sur l'impressionnante université qui surplombe tout (je suppose que le grand clocher que l'on ne peut pas manquer est le Hunterian Museum) et on découvre un beau bâtiment de pierre rouge, cette roche que l'on retrouve un peu partout dans Glasgow. En tournant pour atteindre l'entrée, on se rend compte qu'il est bien plus imposant que ce qu'on avait imaginé au début, car on ne voyait que l'une des ailes en réalité, et la visite s'annonce sympa du coup. En plus, il y a une expo sur Doctor Who en ce moment... Que finalement, on n'ira pas voir, le prix de l'entrée nous ayant bien refroidis. Néanmoins, la majorité des musées glaswégiens semblent gratuits, ce qui est un vrai plaisir. On parcourt donc ce Kelvingrove Museum, qui est assez ludique et pédagogique, vraiment pensé pour les enfants. Il y a beaucoup de jeux éducatifs, une momie à emballer... Mais partout, c'est le fatras ! On passe allègrement de l'Egypte ancienne au dinosaures puis la à seconde guerre mondiale pour revenir ensuite aux armes et armures médiévales, avant de visiter la salle "spéciale Ecosse" ou les ailes de peinture et sculpture. C'est un joyeux berdol, bien mis en valeur, dans lequel nos cerveaux étriqués de français ne parviennent pas à trouver une logique. Un peu l'impression que nous donne la ville en elle-même d'ailleurs... Cet éclectisme serait-il finalement tout glaswégien ? En tous cas, cela force à une belle gymnastique intellectuelle ! Au final, on passe un très bon moment dans ce musée. On aura testé l'expresso, qui n'aura pas été plus concluant que l'Americano de la veille (clic sur les panoramiques pour agrandir en 1200px de large).





N'ayant toujours pas de montre et le portable étant éteint pour économiser la batterie, on découvre que l'appareil photo indique l'heure de prise de cliché. Un clic de la grande galerie plus tard et nous savons qu'il est 12h15... Mais pas encore faim, alors on enchaine sur le musée du transport.
On galère un peu à le trouver sur nos plans (aucun ne couvre cette partie un peu éloignée de la ville en fait) mais on finit par trouver des panneaux. Il s'agit en fait d'une entrée secondaire bien cachée du Kelvin Hall, le grand gymnase qui accueille en ce moment des championnats de gym (oui je sais, on s'en fout). Encore une entrée libre, ça fait plaisir. A gauche en entrant, une rue de 1938 est reconstituée à l'identique, avec ses boutiques et sa station de métro... Plutôt sympa mais un peu trop papier mâché à mon goût...
On rentre ensuite dans le musée à proprement parler. La grande halle fait la part belle aux tramways et autre locomotives, et sur les côtés, on retrouve des collections de vieilles voitures, motos, vélos, cabs... A l'étage, des maquettes de bateaux. Il y a même la Ford Anglia des Weasleys avec Hedwige à l'intérieur ! Dou a failli m'étrangler quand je lui ai dit que Potter me poursuivait ^^'







Nos estomacs se rappelant enfin à notre bon souvenir, nous nous mettons en quête d'un endroit où manger. On avait prévu de bien manger le midi pour prendre quelque chose de plus léger -et moins cher - le soir. On opte donc pour un pub, puisqu'ici tous les pubs ou presque servent des repas, un peu comme nos brasseries françaises. Ceci dit, c'est un bon moyen de harponner le client : dès la sortie de bureau, il peut se poser au pub et n'en pas sortir avant tard ! Un petite bière pour accompagner tout ça (forcément en pinte, c'est traître). Les portes de toilettes sont indiquées en Scot, c'est amusant. On demande notre route pour la suite de notre parcours à la barmaid et nous voilà repartis pour les jardins botaniques, sous la pluie. On traverse Kelvin Park, on remonte pour redescendre et atteindre, tout au bout de la Great West Road, les fameux jardins. La verrière du Kibble Palace qui paraissait si grande sur les photos du guide est en réalité assez modeste mais c'est un petit bijou, très soigné, et à la lumière magnifique à l'intérieur. L'une des ailes présente des plantes carnivores superbement mises en valeur et la rotonde principale fait la part belle aux plantes tropicales. Il fait chaud et humide, c'est étouffant, mais c'est très beau et remarquablement bien entretenu.









On ressort dans le frais et la pluie pour aller voir l'expo "d'art" indiquée à grand renfort d'affiches, mais qui n'est en réalité que l'expo du club de peinture du coin.



Le tour est vite fait et on passe à la serre suivante. Assez grande, elle recèle à la fois des zones tropicales et désertiques, et... "une magnifique collection de Bégonias" oO. On n'est pas très réceptifs à cette dernière attraction, mais le passage des différentes ambiances est super.



Finalement, on décide de boucler la visite en parcourant les grands jardins et on remonte donc vers le Nord Ouest le long d'une petite rivière. C'est très agréable, on se croirait vraiment en forêt, on est niché au creux de la vallée et la ville est cachée sur les hauteurs, presque plus perceptible. Je manque de nous perdre, puis Dou fait de même et nous retournons enfin bel et bien vers Glasgow.

On retombe enfin -on commence à avoir pas mal marché à force- sur le gros carrefour près de l'auberge. Pause à l'un des multiples Starbucks de la ville pour être sûrs de boire quelque chose de chaud ET bon puis menues courses au Tesco (équivalent Franprix) pour prévoir ce qu'il faut pour la rando à vélo.

Retour à l'auberge, un peu de repos, et le soleil revenant montrer le bout de son nez, on se décide à aller chasser de la nourriture en ville. Pas moyen de retrouver le Noodle bar sympa du premier jour, et on atterrit dans un KFC en se disant que leurs salades n'étaient pas trop mauvaises normalement... Que n'avait-on pas commandé là ! Presque mission impossible pour les employés, à croire que les écossais ne connaissent que les frites et ne mangent pas de "vert".
Pour se venger, on s'arrête de nouveau au Tesco sur le retour pour acheter un bon dessert frais et léger, et tester les gâteaux orange-carotte ^^







On se pose enfin définitivement, la journée es finie, et demain, on attaque les choses sérieuses : Niall doit nous ramener les vélos, ça va être le début de l'aventure !

lundi, 18 mai 2009

[Ecosse]Les CR détaillés ^^

Bon eh bien nous voilà de retour, rentrés hier après-midi et déjà charette au boulot aujourd'hui *soupir*. Le quotidien reprend vite le dessus ^^' Comme promis, j'ai pris plein de notes dans mes carnets durant le voyage, ai rempli mon petit Moleskine et ai même dû attaquer dans mon carnet de croquis tellement j'ai écrit !
Du coup, je vais reprendre tranquillement au jour le jour maintenant qu'on est au calme, avec un vrai clavier azerty, qui possède, Ô joie, des accents et les lettres là où mes doigts s'attendent qu'elles soient, et que j'ai photoshop sous la main pour redimensionner proprement les photos. Ah, et accessoirement, je n'ai plus de décompte fatal m'indiquant qu'internet va couper dans deux minutes.

Certes, les comptes rendus au jour le jour vous paraitront peut-être un peu inintéressants, puisque parfois il traiteront de la vie quotidienne, mais après tout, c'est aussi le propre d'un blog, de parler du quotidien, et je dois avouer que ça me permet surtout de mettre mes notes au propre, avant de ne plus arriver à me relire... Qui sait, j'en ferai peut-être un vrai album papier plus tard, mais en attendant, consigner tout ça ici me permet de ne rien perdre. Pour les courageux et intrépides donc qui auront le courage de lire tout ça, eh bien je m'efforcerai de le rendre aussi attrayant que possible. Si j'arrive à tenir le rythme, ce sera 1 billet par jour pour que ça garde le même rythme que durant le voyage, même si du coup, on est un peu en décalé (je remets aussi au propre le jour 2 que j'avais vraiment bâclé par manque de temps, désolée pour la redite ^^').

C'est parti, embarquez pour le pays pluvieux des kilts et du Whisky !

JOUR 2, 28 Avril - Glasgow

Quelle nuit infernale ! L'un de nos voisins de dortoir, communément appelé "Le Gros", est rentré dans la soirée, allumant toutes les lampe comme un bourrin (merci pour les yeux -_-), se couchant sans rien éteindre, et a ronflé toute la nuit comme un tracteur.
Ce menu inconvénient mis à part, nous passons une bonne nuit : les sacs de couchages achetés pour l'occasion font leurs preuves. Ils sont petits et compacts, mais restent bien chauds. Bon point, car il vont servir, assurément, d'ici la fin des vacances ! Levés de bonne heure, on allume le portable pour voir l'heure (oui, nous sommes des blaireaux sans montre ^^') : 7h30... Qu'à cela ne tienne, on se met doucement en route. Ptit dej au radard dans la cuisine (seul endroit du sous sol où il ne fait pas un froid de canard), on joue bête dans la salle de bain pour émerger tranquillement et on remonte s'habiller en silence dans le dortoir pour ne pas déranger nos colocataires (on est sympas, nous).
Et nous voilà partis. On descend vers le Sud le long du périphérique pour atteindre la Clyde, la rivière qui traverse la partie méridionale de Glasgow. C'est un véritable parcours du combattant ! Le piéton doit emprunter moult passerelles pour passer au dessus des voies, ou traverser sans vraiment de passage protégé défini... On finit tout de même par atteindre la rivière. Pas de chance, toutes les berges sont actuellement en travaux, et ne nous pouvons pas profiter de ces aménagements sympas. On commence à se dire que Glasgow, mouais, c'est sympa, mais sans plus, avec ses alignements de bâtiments complètement éclectiques et de qualité très variable côte à côte. On continue d'avancer en rajustant les écharpes et vestes parce que mine de rien, en l'absence de soleil, nuage et vent sont une bonne combinaison pour se les geler bien comme il faut. On traverse sur la rive Sud : moins de circulation, c'est plus agréable. On fait tout de même attention aux méga passages piétons... Les voitures venant de droite, ça fait toujours bizarre, sans compter qu'ils sont un peu psychorigides semble-t-il, sur le respect des feux piéton.

Nous voilà donc plus au vert et plus au calme, on tente de rejoindre le Green Garden, à l'Est. Finalement, plus on avance, et plus on se rend compte que les berges sont de vrais dépotoirs, et les abords de la rivière sont noirs de crasse. C'est un peu dégueu, ça sent la vase... Pour peu, on se croirait un lendemain de marée noire. Mmmmh... Glasgow, mof, pour le moment.



On décide de repasser rive Nord, et on entre dans le grand parc des Green Gardens. Là, c'est déjà plus avenant. De belles pelouses taillées impeccablement, des alignements d'arbres, des monuments saupoudrés de ci de là... Ca donne déjà meilleure impression. Néanmoins, on reste toujours étonnés des relations entre les différents éléments de paysages dans cette ville : le plan nous indique une platform view un peu plus haut sur la Clyde, on s'entend donc à un point de vue magnifique, et au final, pour tout vis-à-vis, on n'a qu'une usine ^^' Nous apercevons au loin une grande verrière, et on se demande si ce sont les jardins botaniques, qu'on avait repérés dans le guide.



Mais en réalité, il s'agit des Winter Gardens (jardins d'hiver) et du people's House (le musée traitant plus ou moins de l'histoire glaswégienne - youpi j'ai casé l'adjectif !). Comme le bâtiment n'ouvre qu'à 10 heures, on est quittes pour repasser, mais la végétation luxuriante dans la serre donne envie. On pousse un peu dans le parc, et fait le tour du Templeton building. C'est une ancienne usine de tapis, pastiche du palais des Doges de Venise, reconvertie en bureaux.



Un peu plus loin encore, une grande spirale de pierre raconte l'histoire du parc, tant côté politique que sportifs, et les plaques indiquant des évènement footballistiques sont "bizarrement" complètement saccagés... Un aperçu de la haine notoire qui oppose les supporters des deux équipes principales de la ville. Ce bout du parc est assez sympa, mais on commence vraiment à avoir froid, et à brûler ainsi des calories, on a besoin d'énergie. On opte donc pour une visite au chaud et un café au Winter Gardens. On en profite pour faire un petit tour dans le musée (gratuit) un peu éclectique, au milieu des mioches en uniforme scolaire. Certaines parties sont un peu hard, notamment celle sur le crime et ses châtiments, ou encore la partie sur la seconde guerre mondiale "apprends à faire ta valise pour l'évacutation avec ce super jeu puzzle : quoi prendre et quoi laisser" oO. Mais l'ensemble est sympa, même si on a un peu de mal à faire le lien entre les fusils des allemands et l'histoire des cabarets de Glasgow juste à côté ^^'.
On redescend ensuite sous la verrière, prendre un café bien mérité : caféine et chaleur, exactement ce dont on a besoin !



On apprend à nos dépends qu'un coffee, ce n'est pas un petit café comme chez nous, mais un méga bol à 1£90 (un peu plus de 2€), à l'horrible goût de jus de chaussette, appelé en réalité Americano. Prochaine fois, on fera comme Georges (le vieux beau grisonnant selon ces dames, pas toi, Georginette) et on demandera un "Nespresso, what else ?" poue une valeur sûre. On se force à finir l'infâme breuvage (parce que tout de même, c'était cher, et même sans être pingre...) et on repart, après avoir un peu discuté de la suite.

Direction les Barras, tous proches, qui sont un peu les puces de St Ouen à Glasgow. Ca nous rappelle d'ailleurs un peu Aubervilliers, là où on habitait, avec ses rues un peu cradingues pleines de boutiques de tout et n'importe quoi. Pas de chance -encore- les grandes halles si célèbres pour leurs brocanteurs et étals où on marchande comme au souk étaient fermées, pas âme qui vive... Caramba, encore raté !

On prend donc la direction de la cathédrale, dont le guide nous vante les qualités.





Ca monte dur, mais enfin le soleil daigne pointer le bout de son nez et le quartier est pittoresque, avec de vieilles maisons de pierre, dont la plus ancienne de Glasgow, et le St Mungo Museum, traitant des religions, mais qu'on ne visite pas. En toile de fond, la Necropolis, sorte de Père Lachaise version glaswégienne qui couvre la colline d'en face, la cathédrale, massive, et d'immenses bâtiments victoriens dont je ne connais pas la fonction. Le mélange est vraiment chouette !
On visite l'étonnante cathédrale, qui s'installe sur deux niveaux pour le culte, et accueille au niveau inférieur la tombe de St Mungo (private joke : A moi le Parchemin d'Alexandre !). Un beau jubé de pierre mais voilà tout, je ne l'ai pas trouvée si exceptionnelle que ça au final, cette cathédrale... Mais il est vrai que les cours d'histoire de l'archi de Chaillot m'ont peut-être un peu blasée sur ce plan là.



Les mausolées de la Necropolis nous inspirent, et nous décidons d'y faire un tour. Le soleil y mettant du sien, c'est qu'on aurait presque chaud ! Presque. On monte jusqu'en haut de la colline, et la vue est plutôt agréable, avec ces rangées de petites tombes bien ordonnées, en comparaison avec le père Lachaise. Le tout est bien entretenu, les arbres sont en fleurs... c'est reposant et pas lugubre pour un sou. Bon le fond de paysage avec les usines, ça fait un peu tâche, mais bon, on fait abstraction.





Autre particularité, ça sent très fort depuis notre arrivée à la cathédrale. Si la ville sent généralement tout le temps la nourriture ou plus précisément la friture, là, il semble plutôt que ce soit des céréales oO C'est assez étrange ! On a néamoins un beau point de vue sur la cathédrale, mais pas sur le reste de la ville, qui est bien trop vallonnée pour se laisser embrasser du regard (Glasgow est construite sur 7 collines de l'ère glaciaire, et mes mollets peuvent vous le confirmer, ça grimpe pas mal).

Il se fait faim, et on reprend la direction du centre ville pour se trouve un fish n'chips, parce que quand même, on se doit d'essayer ce célèbre repas fast food. En chemin, on achète deux paires de boules quiès en prévision de la nuit à venir. On n'est jamais trop prévoyant. On retrouve notre chemin comme des chefs sans regarder le plan, même si on se fait avoir par un ou deux culs de sac.

On trouve assez facilement l'un de ces fameux fish n'chips, près de l'église St Vincent. Pourtant, la malchance nous poursuit, et ce fichu carillon, au lieu de sonner un seul coup pour annoncer treize heures, sonne en continu durant cinq bonnes minutes. Evidemment, on a choisi de manger juste en dessous du clocher, ô joie et bonheur. Ceci dit, côté repas sur le pouce, le fish n'chips s'avère rentable. C'est gras mais consistant, et ça fait bizarre de manger du poisson en fast food. On consacre le reste de l'après-midi à visiter les grandes halles commerçantes (Glasgow passe pour être la Mecque du shopping écossais), et on en profite pour compléter nos courses avec les menues broutilles qu'on n'avait pas emportées de France.
On revient doucement vers l'auberge, en faisant une pause à la Glasgow School of Art, le célbre bâtiment de MacKintosh. La partie gratuite ne nous donne malheureusement accès qu'à un petit hall avec une expo sur les tarots asiatiques, et on aurait peut-être dû payer la visiter guider pour profiter de ce formidable bâtiment, mais bon, tant pis. C'est un peu cher, et Dou a mis un veto sur les "vacances archi". Je me contente de quelques photos pas terribles de l'extérieur ça manque de recul).

Après l'avoir cherché durant tout l'après-midi, on trouve enfin un magasin de sport pour acheter une cartouche de gaz : il était interdit d'en emporter dans l'avion, et le réchaud devrait s'avérer nécessaire quand nous serons sur les routes à vélo.

Il est presque 16 heures et nous n'avons presque pas arrêté de marcher depuis ce matin. Nos pieds crient grâce et on retourne à l'auberge. On s'accorde un peu de repos avant de redécoller, avec pour objectif la dégustation de bière écossaise dans un pub.
Un peu fatigués, nous nous remettons en route un peu plus tard. On passe à côté de la Mitchell's Library et moi qui adore les belles bibliothèques, je ne peux m'empêcher d'y entraîner Dou : l'extérieur est prometteur, avec ses colonnades et sa belle coupole ! A l'entrée, un vieux monsieur adorable dérouille son anglais (il doit certainement parler le Scot en temps normal vu comment il choisit ses mots pour nous parler) pour nous expliquer qu'il va y avoir une conférence sur le poète écossais Robert Burns, en nous indiquant la salle et tout (c'est l'année de célébration nationale de ce poète en Ecosse, et Glasgow, capitale mondiale de la culture, se doit d'y participer). Seulement, nous, on veut juste visiter les lieux, et on risque de ne rien comprendre à la conférence s'ils ont leur accent habituel ! Mais le vieux monsieur est si gentil qu'on ne veut pas lui faire de peine, et on prend la porte de derrière pour filer à l'anglaise, car finalement, pas de belle salle de lecture ici, rien de très notable en fait.
Nous voilà à nouveau en direction de Sauchiehall, la grande artère commerçante de la ville, et on se pose dans le premier pub avenant qu'on trouve. Qui s'avère être un pub irlandais. Tant pis ^^ On en profite pour goûter la Guiness pression, qui est bien plus légère que chez nous. La dose minimum pour le service est la pinte (le demi, ils ne connaissent pas, et de toutes façons, la pinte est au prix du demi français ^^'), et nous nous étonnons du public varié qui semble fréquenter les pubs.
Un peu crevés, on descend notre bière tranquille puis on se met en quête de nourriture. On hésite longtemps, puis, lassés et contre tout bon sens, on rentre dans un fast food à la McDo mais version indienne et complètement vide (c'est louche). On rentre manger notre super menu pas bon à l'auberge. C'est le 2e jour et on commence déjà à en avoir marre des frites ^^' Ca manque un peu de légumes, tout ça !



Fin de soirée tranquille mis à part un "vieux sourd" (encore un occupant de l'auberge avec qui nous sommes sans pitié pour le surnom ^^') qui essaye désespérément de faire fonctionner son DVD pourri à l'image toute hachée et qui met le son à fond. On va se coucher vers 21h30, et, la fatigue aidant, on s'endort bien vite.

vendredi, 8 mai 2009

Wet and cold

Hi there. Le billet pourrait etre `tout est dit, point.' Il fait froid et humide, on est tout le temps trempes, ce n'est pas tres bon pour le moral. Ceci dit, les paysages sont vraiment tres chouettes. On est un peu decus de ne pas pouvoir plus en profiter : ce matin, nous avons du faire demi tour, car le velo sous les averses de grele, ca n'etait pas possible... et dire qu'ils prevoient une amelioration pour la semaine prochaine :/ Nous sommes franchement poissards pour le coup. Mais bon, la visite de la distillerie rechauffe les corps, hein... Enfin j'aurais vraiment aime voir un macareux en vrai, histoire de. Huhu. On aurait su a quoi s'en tenir pour dechirer son macareux (d'ailleurs, ca se dit puffin, dans la langue de Shakespeare). On a tout de meme vu de chouettes coins, quelques chateaux sympas (enfin les chateaux renaissance/photo de famille, bof bof), et vu les fameuses Highlands -les grosses vaches marron a poils longs- en vrai. Bref, difficile d'avoir une connection reguliere ici, mais je continue a prendre de longues notes dans mes carnets, comptes rendus illustres au retour... Si je peux, quelques news quand on arrivera a Edinburg... Stay tuned !

jeudi, 30 avril 2009

Jour 2

Quelle nuit infernale ! L'un de nos voisins de dortoir a ronfle comme un tracteur ! On se leve pourtant de bonne heure et a 8h30, on est deja partis. Nos peripeties du jour nous meneront des bords de la Clyde au jardin d'hiver, puis aux Barras, a la cathedrale... Mais je vais simplement mettre quelques photos pour illustrer tout ca, je galere trop sur le qwerty et le temps d'internet alloue n'est pas illimite. Je reprendrai tout ca a mon retour avec mes notes.
La cathedrale donc :



Un petit bout du Jour 3 aussi (aujourd'hui en fait)...
Le Kelvin Museum :


Museum of transport :


Le Kibble Palace (Grande verriere dans le jardin botanique) :


Les fameux Blackberry Mocha Frappuchino du Starbucks (une valeur sure, les cafes des ecossais sont degueux pour ce qu'on a teste.)


En bref, des journees bien remplies (on est bien vannes) mais on profite bien. Demain matin, on recupere les velos et on part a l'aventure... Les prochaines news des que possible ! Bye there !

Peripeties ecossaises

Et voila, nous sommes en Ecosse. Deja, desolee pour le post sans accents, mais le clavier qwerty est sans pitie de ce cote la. Comme promis, je donne donc quelques nouvelles.

JOUR 1 : Nancy - Glasgow
Depart a 8h15, on croise l'un de mes profs d'arts pla... On dort dans le train, le temps passe vite. Arrivee a Paris, on a le temps de faire quelques courses, bouquins etc... en prevision des temps de trajet et des soirees qui seront certainement un peu longuettes, puis metro vers la porte Maillot. Sur place, peu d'attente contrairement a ce qu'on pensait, et choppage de navette. Un peu plus d'une heure de trajet et nous voila a Beauvais> C'est rigolo, tout est cheap, ils economisent sur tout, les services, les indications... On comprend comment ils font des tarifs si attractifs. Encore une fois, peu d'attente, j'ai pas trop mal gere les trajets, et zou, on embarque.


Welcome to Scotland ! De ce cote de la Manche, l'aeroport a deja plus de gueule. On attrappe le train vers Glasgow ou on discute un peu avec un couple d'ecossais dont les ancetres sont francais, et on arrive. Enfin, mais au final, le trajet ne nous aura pas paru trop long. Les ecossais ont vrai;ent un accent terrible, c'est parfois difficile de les comprendre. Ca fait bizarre de voir les voitures rouler de l'autre cote ! La gare est tres jolie, toute de verre et de metal, avec ses boutiaues en bois... On se dirige a pattes jusqu'a l'auberge, en passant par les rues quadrillees a la New York. Pas mal de batiments victoriens assez impressionnant, mais un ensemble tres patchwork industriel assez bizarre.



On arrive a l'auberge, fait la visite de ce batiment labyrinthique, un peu cracra mais a l'ambiance chaleureuse. On pose les sacs et va faire un tour en ville pour prendre l'ambiance de tout ca. On revient par les berges de la Clyde et on prend des nouilles au noodle bar du coin sur le retour. C'est plutot bon et tres copieux. Enfin on se pose, et dodo tot, la journee a ete longue. Pour l'instant, m;pression assez mitigee de la ville, qui nous parait tres... heteroclite.

samedi, 25 avril 2009

Wandering in Scotland...

Bon, eh bien voilà, les sacs sont déjà faits. Nous ne partons que mardi matin, mais je voulais être sûre de ne rien oublier, d'avoir le temps de faire les dernières courses pas trop en dernière minute, de vérifier qu'il ne nous manquait rien d'essentiel, car comme je travaille encore lundi, ce ne sera pas vraiment possible de courir dans tous les sens pour récupérer ce qui pourrait nous manquer. On aura déjà assez à faire avec la gestion de Bilou et Bestiole. Nous voilà donc quelque peu chargés... Quand je mets mon sac de randonnée sur le dos, on ne me voit plus derrière ^^ Mais pour le moment, il n'est pas blindé à exploser, je n'ai pas encore besoin de forcer pour le fermer. Il est juste bien rempli. Mais j'attends que Dou boucle le sien, parce qu'il y aura peut-être du chargement en plus, vu que lui doit se coltiner la tente dans le sac. Ca fait vraiment bizarre de repréparer popotes et sacs de couchage, trousse à pharmacie et sachets ziplock pour l'étanchéité d'à peu près tout (l'Ecosse est réputée humide, nous préférons être prudents), mais en même temps, ça fait énormément plaisir. Je n'avais plus fait de tels préparatifs depuis ma super dernière colo lorsque j'avais 17 ans... Ca remonte à force, et ce goût d'aventure me manque un peu, je dois l'avouer. Du coup, la préparation de ce voyage m'enchante vraiment... On fera une partie de "tourisme classique", logés en auberge de jeunesse à Glasgow et Edimbourg, et entre les deux, on a dix jours de vélo à travers l'Ecosse. Je viens de finaliser plus ou moins l'itinéraire, je partage avec vous, peut-être que vous aurez des conseils, idées... Dans tous les cas, au retour, je ferai un petit compte rendu étape par étape je pense, j'ai pris de quoi prendre des notes et gribouiller un peu ^_^

En attendant, une petite carte. En rouge l'itinéraire envisagé, en orange le raccourci possible si on voit qu'on a été trop ambitieux et qu'il faut couper le parcours, et les ronds rouges sont les villes étapes possibles, en sachant que si on trouve les étapes trop longues ou trop courtes, on pourra ajuster à volonté, vu qu'on a de quoi être autonome (tente, couchage, eau, nourriture), et que j'ai relevé à peu près tous les campings ou auberges de jeunesse sur la route, histoire de ne pas être pris au dépourvu sur place.

Jour 1 : Glasgow/Balloch
Etape assez courte pour se mettre en jambe, peut-être qu'on ira au delà si on est en forme, j'ai encore un peu de mal à estimer nos possibilités de performance avec des vélos chargés. Il semblerait qu'il y ait une piste cyclable sympa pour relier les deux villes, j'attends des nouvelles de notre loueur de vélo qui est très sympa et proposait de nous filer quelques plans...

Jour 2 : Balloch/Invernaray (81km)
Normalement, on aura déjà quelques montées dès cette étape. On longe la côte ouest percée de Lochs, et on termine la journée à Invernaray, avec possibilité de dormir en auberge au besoin.

Jour 3 : Invernaray/Oban (65km)
Etape raisonnable normalement (mais bon, je reste prudente, je ne connais pas vraiment le relief écossais ^^'). J'espère que nous arriverons à Oban de bonne heure, il semble y avoir une ou deux distilleries de Whisky plutôt sympathiques...

Jour 4 : Oban/Fort William (75km)
Depuis Oban, on prendra le ferry pour l'île de Mull (à moins qu'on ne l'ait pris la veille pour camper sur l'île directement et profiter un peu du lieu, on verra sur place), quelques coups de pédale nous permettront de voir un petit bout de l'île par le Sud Est et on reprendra un ferry vers Lochaline pour rejoindre le continent. Enfin l'Ecosse quoi, ça reste une île, c'est juste qu'elle est un peu plus grande. Ensuite, on attrape une petite route qui monte un peu mais qui, parait-il est ensuite vraiment agréable, et nous permettra de nous enfoncer dans les terres, et de remonter les Loch jusqu'à Fort William. Comme son nom l'indique, là il y a un château à voir, on fera peut-être les touristes japonais.

Jour 5 : Fort William/Foyers (79km)
Cette région est celle des châteaux, et on devrait passer par Fort Augustus, et rejoindre le Loch Ness par le Sud. Peu de chances de voir Nessie, mais on jettera un oeil quand même.

Jour 6 : Foyers/Contin (70km)
C'est parti pour remonter le long du Long Ness jusqu'à Inverness (et donc la mer du Nord), en passant à côté du château d'Urquart, celui de Nessie. Puis on remonte dans les Highlands vers Contin, où se trouve un petit camping pas cher. Sinon, camping sauvage, c'est bien aussi, et autorisé.

Jour 7 : Contin/Balmacara (86km)
Etape peut-être un peu longue, il faudra voir si on ne la fragmente pas. D'autant plus que j'ai l'impression qu'il n'y a que des grosses routes... Mais en meêm temps, on commence à être bien au Nord, et je pense que "grosses routes", c'est très relatif.

Jour 8 : Balmacara/Dunvegan (ou Portree)
Nous arriverons alors à l'île de Sky, en passant par le pont routier de Kyle of Lochalsh (il y a un phare et tout, ça a l'air très joli) et passerons un moment sur l'île. Suivant notre état physique, soit on va jusqu'à Dunvegan tout au Nord, soit on s'arrête à Portree, il parait que c'est magnifique.

Jour 9 : Dunvegan (ou Portree)/Mallaig
On redescend l'île du Nord au Sud et on prend le ferry en fin de journée pour Mallaig où on dormira, en prévision du retour en train.

Jour 10 : Mallaig/Glasgow
Presque dommage qu'on soit hors saison, sinon, on aurait pris le super train à vapeur Mallaig/Fort William, vous savez, celui de Harry Potter *-*). Du coup, on prendra le train "normal", et on arrivera, bien fatigués à mon avis, à Glasgow en milieu d'après-midi. Là on rendra les vélos, puis il faut qu'on arrive à attraper le bus pour aller vers Edimbourg. Il faut que je vérifie d'ailleurs s'il y en a encore qui font le trajet en fin d'après-midi... Ca reste encore à caler.

Pour le reste, on sera en auberge en plein coeur de la ville, donc on avisera sur place, pas besoin de préparer aussi bien... Voili voilou, j'espère qu'on n'aura pas trop de galères là-bas, j'ai vraiment mitonné ce trajet avec amour, et j'espère qu'il convaincra Dou, pour qu'on puisse réitérer l'expérience dans d'autres pays...

samedi, 7 mars 2009

L'Ecosse, ça se rapproche !

Les billets d'avion sont réservés. J'ai reçu les billets de train cette semaine. Réservation pour les navettes effectuée également. Lancement de demande de devis pour les locations de vélo sur place. Epluchage du site officiel de l'Ecosse. Impression de cartes à la chaine. Préparation des listes de matériel à emporter. Etude de la faisabilité d'une dizaine de jours en semi autonomie avec tente et vélos. Recherche des auberges à bon rapport qualité/Prix...

Il y a plein de choses à préparer, et je m'y prends certainement beaucoup trop en avance, mais c'est super excitant de préparer ce voyage. J'ai l'impression de partir à l'aventure, à essayer de ne rien oublier, de chercher à trouver un maximum d'infos pour les transports sur place, l'hébergement, les trucs et astuces... C'est tout bonnement génial. Et c'est là qu'on se rend compte de la magie d'internet...

En tous cas, plus j'avance dans mes recherches, et plus je me dit qu'on va avoir le temps de faire plein de choses, d'aller un peu partout, car l'Ecosse, au final, ce n'est pas si grand, de vraiment profiter du temps passé sur place. Rhaaa j'ai trop hâte d'y être, plus le planning s'organise, et plus j'ai envie d'être déjà fin Avril !